La
21ème édition du Téléthon se tiendra les 7 et 8 décembre, sous l'égide
de l'Association française contre les myopathies (AFM). Depuis sa
première édition, en 1987, le Téléthon a engrangé 1.328 milliard
d'euros.
A cette
occasion, plusieurs évêques se sont exprimés sur le sujet. Ainsi,
l'archevêque Mgr André
Vingt-Trois déclarait dans son discours de clôture de l'assemblée
plénière de la Conférence des évêques de France, le 8 novembre dernier
que "la générosité ne légitime pas tout. Nous souhaitons donc que
chacun réfléchisse et que soient entendues les graves questions que nous
avons soulevé : tri embryonnaire, utilisation des cellules embryonnaires
et médiatisation de jeunes malades".
De son côté, l'évêque
de Metz, Mgr Pierre Raffin, vient d'annoncer qu'il lui serait
"impossible" de soutenir l'édition 2007 du Téléthon, dans la mesure
où l'AFM finance des recherches menées à partir de cellules souches
embryonnaires humaines
(cf. Synthèse de presse
du 13/11/07). Il
souhaite que l'on offre aux donateurs
la possibilité de s'opposer à
l'affectation de leurs dons à la recherche sur les embryons.
Mgr Guy
Bagnard, évêque de Belley-Ars alerte lui aussi les chrétiens sur le
sujet. Il rappelle le respect qui est dû à l'embryon humain et souligne
que l'humanité de l'embryon n'est pas une question de foi, mais une
réalité scientifique. La doctrine de la Foi suit les données de la
raison éclairée par la science. Ainsi dans l'encyclique Donum vitae,
la Congrégation
pour la doctrine de la foi
explique que : "dès que l'ovule est fécondé, se trouve inaugurée une
vie qui n'est ni celle du père, ni celle de la mère, mais d'un nouvel
être humain qui se développe par lui même. Il ne sera jamais rendu
humaine s'il ne l'est pas dès lors. A cette évidence de toujours, la
science génétique moderne apporte de précieuses confirmations. Elle a
montré que, dès le premier instant se trouve fixé le programme de ce que
sera ce vivant : un homme, cet homme individuel avec ses notes
caractéristiques bien déterminées... Dès la fécondation est commencée
l'aventure d'une vie humain dont chacune des grandes capacités demande
du temps pour se mettre en place et se trouve prête à agir." Quand
on reconnaît ainsi l'humanité de l'embryon, il devient clair qu'on ne
peut l'utiliser comme un moyen, à la manière d'un matériau, "fût ce
pour la recherche la plus généreuse qui soit". S'il reconnaît tout
le bienfait apporté par l'AFM dans le souci d'aider des malades et de
chercher à les guérir, il souligne que "l'on ne peut se mettre en
contradiction avec l'éthique humaine, même dans le désir de soulager
l'être humain". "La fin ne justifie pas les moyens."
Enfin,
Mgr Brincard rappelle que "l'embryon humain n'est jamais une chose
autrement dit un objet utilisable au gré d'intérêts divers, même si
parmi ces intérêts, il y en a de plus nobles parce qu'ils se veulent au
service de causes dignes de grande considération". Il rappelle que
"la raison humaine pleinement exercée et une foi lucide s'accordent à
dire [...] que l'être humain est pourvu de droits que nul ne peut
contester sans ébranler les assises d'une société". Pour conclure,
il demande aux associations d'être parfaitement claires sur la façon
dont elles affectent les fonds collectés afin que "les donateurs
aient l'assurance que leur contribution ne servira jamais à des actions
qu'ils jugent contraires à leurs convictions religieuses".
Sur le site
médicale et hygiène,
Jean-Yves Nau revient lui aussi
sur le Téléthon : "c'est reparti" affirme t-il en soulignant que
le "ton a changé"
Rappelant la
dynamique du Téléthon qui affiche le financement de nombreuses
recherches, il remarque dans le même temps que l'environnement change :
les recherches du Téléthon ne font plus l'unanimité. Des voix s'élèvent.
Il rappelle que de nombreux évêques réitèrent leur appel à la
responsabilité éthique des chrétiens. Il évoque aussi l'ouvrage
étonnant de Nicolas Journet,
intitulé
"Génétiquement incorrect". Là aussi le ton change. Nicolas Journet
atteint d'un syndrome de Marfan, revendique aujourd'hui son statut de
"mutant" et souligne que "Marfan ou pas", il fera tout pour
avoir des enfants, en excluant le recours au diagnostic
préimplantatoire. Dans un chapitre intitulé "Jésus vs Téléthon",
il explique que "le Téléthon me donne autant d'urticaire que
l'épiscopat catholique" mais souhaite que "la société assume son
rôle" et aimerait que l'on puisse dire que la pratique du diagnostic
préimplantatoire et de l'interruption médicale de grossesse sont du
domaine de "l'eugénisme". Il revendique un droit à "l'impureté
génétique".