L’association
Dignitas en Suisse est connue pour "aider au suicide" les
étrangers. Ce "tourisme de mort" commence à déranger les cantons et
relance le débat sur la réglementation légale de la fin de vie.
"Nous négocions avec les associations d’aide au
suicide, mais nous ne trouvons pas de consensus sur les règles de
conduite", explique Christian Aünd, secrétaire général du
Département de la Justice. "Légiférer au niveau cantonal n’aurait pas
de sens : cela ne ferait qu’engendrer un nouveau tourisme vers les
cantons dépourvus de réglementation. Si rien ne se passe au niveau
fédéral, nous tenterons d’intéresser la conférence des directeurs de la
justice", prévient-il.
La députée Christine Egerszegi (PRD/AG) préconise plus de
transparence : "s’agissant de la naissance, tout est réglé par la loi
avant même la fécondation. Mais la mort est entourée d’une immense zone
grise. Ce n’est pas normal".
La Commission nationale d’éthique et la Fédération des Eglises
protestantes (FEPS) ont demandé la définition d’un cadre à l’activité
des associations d’aide au suicide.
Frank Mathwig, chargé des questions d’éthique à la FEPS, expose
ses craintes quand à la législation du suicide assisté et craint de "voir
cette pratique devenir une prestation de service comme une autre. A
banaliser ainsi le suicide assisté, on transmet le message que la
société n’est plus prête à soutenir solidairement les personnes les plus
faibles".
Pour le journaliste du Temps : "le consensus implicite
qui entoure le principe de l’aide au suicide donne, face à la diversité
des pratiques qu’il a permis, des signes d’usure".
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