La
Croix revient sur l'annonce faite en début de semaine par des
chercheurs de l'Université d'Oregon (Etats-Unis) selon laquelle ils ont
réussi à cloner des embryons de singes macaques et à obtenir deux
lignées de cellules souches embryonnaires (cf.
Synthèse de presse du 13/11/07).
Ces travaux ont
été publiés sur le site de la revue scientifique Nature qui a
préalablement fait vérifier l'expérience par une équipe australienne.
Président du
comité d'éthique de l'Inserm, Jean-Claude Ameisen précise que "cette
première chez un primate n'a pas donné lieu à une naissance mais à la
production de lignées de cellules souches". "Il n'empêche,
dorénavant, il n'y a plus d'obstacle technique pour réaliser un clonage
reproductif chez l'homme. Il faut donc réfléchir à cette
possibilité dès maintenant, notamment au sein de l'Agence de la
biomédecine chargée de préparer la révision de la loi de bioéthique en
2009."
Pour le Père
Olivier de Dinechin, spécialiste d'éthique au Centre Sèvres de Paris, "ces
travaux ne changent pas grand-chose par rapport à la prise de position
d'institutions éthiques et de l'Eglise catholique pour qui ces
recherches participent à la déshumanisation". "Ce qui est possible
techniquement ne l'est pas forcément moralement."
Le Quotidien
du Médecin souligne, lui, la limite technique persistante face au
clonage humain qui est celle de se procurer des ovocytes humains. Pour
produire 35 embryons et 2 lignées de cellules souches embryonnaires,
l'équipe de Shoukharat Mitalipov a utilisé 304 ovocytes prélevés sur 14
macaques.