Le
Monde de l'enfance dresse un bilan des
recherches sur les techniques de gestation en dehors du ventre maternel,
techniques qui entraînent nombre de fantasmes et de polémiques.
En 1997, lors
du colloque de l'European Society for Human Reproduction, une
équipe de l'université de Tokyo a présenté un "utérus artificiel" visant
à assurer les premières phases du développement de l'embryon avant son
implantation dans l'utérus. Après avoir expérimenté cet "utérus
artificiel" chez la souris, les scientifiques envisagent de le tester
sur l'homme. Jusqu'à cette date l'utérus artificiel visait non pas à
améliorer les fécondations in vitro (FIV) mais à remplacer la
gestation naturelle.
Ainsi, en 1996,
une équipe japonaise avait développé du matériel pouvant reproduire les
conditions du développement intra-utérin et l'avait utilisé sur des
fœtus de chèvre. A la fin de la gestation, plusieurs chèvres sont
restées en vie quelques jours mais aucune ne survécut. Plus récemment,
le professeur Hung-Ching Liu, du Medical College de l'Université
Cornell à New-York a développé un "utérus artificiel" intervenant au
début de la gestation. Il l'a testé sur des embryons humains. D'après
les résultats, l'embryon se serait fixé aux parois de l'utérus
artificiel et se serait développé. La législation actuelle n'autorise
pas l'expérimentation sur l'embryon au delà de 6 jours. Les embryons ont
donc été détruits.
Aujourd'hui,
l'idée serait de concevoir un utérus maternel capable d'assurer les
dernières phases de la grossesse pour venir au secours des grands
prématurées. Thomas H. Schaffer, directeur associé de la recherche
médicale du Nemours Center et professeur Temple University
aurait ainsi sauvé une douzaine de prématurés.
Quoi qu'il en
soit, aucune technique ne permet aujourd'hui de mener l'ensemble de la
gestation humaine car les facteurs à prendre en compte sont nombreux et
complexes. Mais, pour le philosophe Henri Atlan, il ne s'agit que d'un
problème technologique qui finira par être surmonté dans les
prochaines années.