Dans
le cadre de son dossier "Naître au XXIe siècle", la nouvelle
revue Le Monde de l'enfance pose la question du "bébé à la carte"
en abordant les techniques de l'Assistance médicale à la procréation
(AMP), le dépistage préimplantatoire (DPI), etc : "Serons-nous prêts
à toutes les dérives pour donner la vie ?" s'interroge le
journaliste.113
000 interventions d'AMP ont été pratiquées en 2004 : fécondation in
vitro (FIV), insémination artificielle, congélation des ovules.
Une équipe de la Kato Ladies
Clinic (Japon) expérimente une nouvelle technique de congélation des
ovules, la "cryopréservation", c'est-à-dire un brusque refroidissement
au lieu d'une lente congélation. En 2006, l'étude japonaise montre que
sur la centaine d'ovules cryopréservés, 95 % ont survécu à la technique
; 41,9% des embryons obtenus à partir d'ovules cryopréservés ont donné
lieu à une grossesse contre un taux de 42,5% de réussite pour les FIV
réalisées avec des ovules "frais".
La question du DPI est de plus
en plus associée à l'AMP. Or les techniques de FIV ont été créées pour
"régler" les problèmes de fertilité et le diagnostic pré-implantatoire
(DPI) est en train d'élargir la donne : de plus en plus de couples sans
difficulté reproductive, sont attirés par une FIV puis un DPI qui
leur permet un "droit de regard" sur le patrimoine génétique de
leur enfant.
Le journaliste s'inquiète de
l'essor du DPI depuis quelques années pour des "justifications non
médicales". "Le DPI pourrait-il par exemple être autorisé pour une
affection aussi contrôlable que l'asthme, traitée avec efficacité depuis
de nombreuses années ?", s'interroge-t-il.
Une étude du Genetics and
Public Policy Center (Washington) révèle que près de 10% des DPI
effectués aux Etats-Unis en 2005 ont été faits pour sélectionner
l'embryon selon son sexe. En Europe, le choix du sexe est proscrit. Les
Etats membres du Conseil de l'Europe ont signé une Convention sur les
droits de l'homme et la biomédecine en 1997.