Une
équipe de biologistes travaillant au Centre national américain de
recherches sur les primates de l'Oregon vient d'annoncer avoir réussi à
créer des embryons de singes macaques rhésus à partir de la technique du
clonage par transfert de noyaux prélevés sur des cellules d'animaux
adultes. Cette étude a été dirigée par Shoukharat Mitalipov, biologiste
d'origine russe, et soumise pour publication à l'hebdomadaire
scientifique britannique Nature.
Cette étude a été officiellement
évoquée dans un rapport de l'Institut des recherches avancées des
Nations unies, rendu public le 10 novembre.
Une centaine d'embryons de
macaques rhésus auraient été obtenus selon la même méthode de clonage
que la brebis Dolly et réimplantés dans l'utérus d'une cinquantaine de
guenons. Cette expérience n'a pas donné de naissance.
D'après le Quotidien The
Independant du 12 novembre,
Shoukharat Mitalipov ne fera pas de
commentaires sur son travail tant que celui-ci ne sera pas publié dans
Nature.
Pour de nombreux scientifiques
comme le Pr Trounson (Université Monash, Melbourne, Australie), cette
première constituerait la preuve que le concept de clonage reproductif
peut être possible chez les primates et que rien n'interdit de penser
que cela sera un jour possible dans l'espèce humaine.
Pour Jean-Claude Ameisen,
président du comité d'éthique de l'Inserm : "cette première nous
ramène à une évidence, celle selon laquelle aucun obstacle technique ne
doit pouvoir être invoqué quant à la question du clonage reproductif
dans l'espèce humaine". "Le problème auquel nous allons être
confrontés avec de plus en plus d'insistance est bien celui du choix que
nous devons faire vis-à-vis de cette possibilité".
Le généticien Axel Khan, quant
à lui, qualifie les recherches sur le clonage reproductif de "danse
du scalp autour du scandale absolu".