Hier, mardi 27 mars, lors de
l'ouverture de l'assemblée plénière des évêques de France à Lourdes, Mgr
Ricard, président de la conférence des évêques de France, a présenté des
critères de discernement en vue des élections. Il a rappelé que
"l'enseignement de l'Eglise offre d'utiles critères de réflexion. Ces
critères ne s'adressent d'ailleurs pas seulement aux catholiques. Ils
peuvent être adoptés par d'autres plus largement".
Dans son
discours d'ouverture, il a redit l'importance de la famille "cellule
de base de la communauté humaine" : "Elle a besoin, aujourd’hui
plus que jamais, d’être soutenue. Nous disons oui à la famille fondée
sur le mariage d’un homme et d’une femme, ouverte à la procréation, oui
au droit qu’a l’enfant d’avoir un père et une mère. "
Faisant écho au débat sur la fin
de vie qui a agité les médias ces dernières semaines, il s'alarme
des "exigences économiques [qui], pesant lourdement sur le
monde de la santé, viennent dicter les choix en ce domaine. La dignité
de la vie, qui est toujours à renforcer et à promouvoir, ne conduit, en
aucune façon, à admettre une exception d’euthanasie".
Mgr Ricard met en garde les
électeurs contre une législation qui "passe souvent très rapidement,
en particulier dans le domaine du respect de la vie et de la dignité
humaine, d’une exception, encadrée et dérogatoire, à la définition d’un
droit pur et simple. On l’a vu à propos de l’avortement où l’on est
passé d’une logique de détresse à l’affirmation d’un droit qui paraît
évident et auquel il devient de plus en plus difficile de résister tant
les pressions sont fortes."
A propos de la recherche
bioéthique, il s'interroge sur "les évolutions législatives,
demandées par certains, qui verraient des comportements, hier punis
sévèrement comme transgressant des interdits fondamentaux de notre
humanité, devenir tout à coup, dans l’espérance hypothétique d’un
progrès thérapeutique, des droits purs et simples ?". Pour lui,
"tout ceci conduit à une fragilisation de la valeur de la loi et des
fondements de la vie sociale".
Rappelant que "les exigences
chrétiennes ne sont pas compatibles avec n'importe quel choix
politique", il cite la note publiée en 2002 par la Congrégation pour
la Doctrine de la foi : "la conscience chrétienne bien formée ne
permet à personne d’encourager par son vote la mise en œuvre d’un
programme politique ou d’une loi dans lesquels le contenu fondamental de
la foi et de la morale serait évincé par la présentation de propositions
différentes de ce contenu ou opposées à lui".