Dans
la revue spécialisée Journal of Human Genetics, une publication
signée par Mikhail Golubovsky (Duke University, Durham, Caroline du
Nord), Vivienne Souter (Banner Good Samaritan Medical Center, Phoenix,
Azizona) et David Bonthrom (Université de Leeds, Royaume-Uni) fait état
de la découverte d'un cas de vrais faux jumeaux. Cette publication a été
relayée sur le site de la revue Nature, le lundi 26 mars.
Une anomalie
sexuelle observée chez l'un des deux jumeaux [l'un des deux enfants est
porteur à la fois de testicules et d'ovaires alors que le second est un
garçon] a permis de constater que les deux enfants étaient nés de la
fécondation d'un seul ovocyte par deux spermatozoïdes. Ce phénomène
n'avait jamais été mis en évidence.
Les vrais
jumeaux sont issus d'un ovocyte fécondé par un seul spermatozoïde et qui
s'est ensuite naturellement dupliqué, tandis que les faux jumeaux
correspondent à deux ovocytes fécondés séparément et simultanément par
deux spermatozoïdes. Or les deux enfants ne correspondent pas à ces deux
cas de figures. Les deux jeunes enfants sont porteurs d'un patrimoine
génétique maternel commun, mais leurs gènes paternels ne sont qu'à
moitié semblables.
La double
fertilisation pourrait avoir eu lieu à deux moments distincts : soit
l'ovule se serait divisé en deux sans pour autant qu'il existe une
séparation complète et chacune des deux parties de l'ovule aurait été
fertilisée par un spermatozoïde différent. Soit deux spermatozoïdes ont
fertilisé un seul et unique ovule, créant ainsi un embryon muni de trois
exemplaires de chacun des chromosomes. Lorsque l'ovule fécondé se serait
divisé, chacune de deux cellules n'aurait plus contenu que le matériel
génétique de l'un des spermatozoïdes.
Cette
découverte soulève de nombreuses questions et remet en cause un acquis
tenu fondamental : l'impossibilité d'observer, dans l'espèce humaine, la
fécondation d'un ovule par plusieurs spermatozoïdes, phénomène appelé
polyspermie.
Sources :
"Journal of Human Genetics", 121, 179-185 (2007).