Martine
Perez, journaliste au Figaro revient sur le débat de l'euthanasie
soulevé par le procès de Saint-Astier. Elle estime que les conclusions
du procès
(cf revue de presse du 16/03/07) devraient satisfaire tout le monde.
D'une part les partisans de l'euthanasie et notamment, l'Association
pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), pour qui cette
condamnation symbolique vide de sa substance la loi sur l'euthanasie.
D'autre part, ceux qui s'opposent à l'euthanasie et, notamment,
l'Alliance pour les droits de la vie (ADV) qui juge qu'il serait grave
que ce procès mène vers une dépénalisation jurisprudentielle de la "piqure
létale".
Le 7 mars dernier, l'ADMD a sommé
les candidats de se prononcer sur cette question. Or la journaliste
estime qu'un tel sujet doit avoir lieu "hors de toute contingence
électorale ou de toute pression politique". Elle estime que, pour se
prononcer, les candidats doivent avoir le temps de rencontrer ceux qui
côtoient la mort au quotidien : médecins, soignants, prêtres, imans,
rabbins, philosophes.
D'après un récent sondage, les
français craignent de souffrir inutilement en cas de maladie à l'issue
fatale. Ils aspirent à mourir paisiblement, le plus tard possible. Elle
souligne que la loi Léonetti répond déjà à ce souhait.
Xavier Mirabel, cancérologue et
président de l'ADV dénonce, lui, "le manque de personnel, le déficit
de formation aux techniques de soins palliatifs, l'absence de soutien
pour les soignants moralement et physiquement épuisés". Il demande
"aux candidats de s'engager pour que pareil dérapage n'arrive plus".
Les partisans de l'euthanasie
proposent, eux, que l'euthanasie puisse être décidée en derniers recours
par des comités éthiques de l'hôpital.
Enfin, les spécialistes en soins
palliatifs estiment que les demandes d'euthanasie provenant des malades
sont très rares et que les demandes émanent le plus souvent des proches
ou des soignants. Ils ajoutent que des aides appropriées permettraient
d'inverser toute demande de mort.
Martine Perez conclut donc que
cette question n'est pas du ressort des médecins mais de la société dans
son ensemble. Il faut se demander ce que nous souhaitons : voulons-nous
"d'une existence pouvant être abrégée volontairement par l'homme si
elle devenait trop douloureuse, trop inutile ? Ou d'une vie qui tire sa
force et sa pérennité d'une transcendance qui dépasse l'homme ?"