La
Libre Belgique publie un face à face entre Frédérique
Ries, députée européenne, porte-parole du groupe libéral et des
démocrates européens sur les questions de santé et de bioéthique et
Michel Ghins, philosophe à l'Université Catholique de Louvain sur la
question "quelle éthique pour la recherche ?".
Frédérique Ries œuvre "pour une recherche libérale, moderne,
humaniste qui n'exclut pas, au nom de convictions religieuses ou
philosophiques, tout un pan prometteur de la science". Selon elle :
"la recherche sur les cellules souches embryonnaires doit être
autorisée au même titre que celle sur les cellules souches adultes et
sur le sang de cordon".
Michel
Ghins, lui, rappelle
qu'"aucune
société ne peut survivre et prospérer sans s'appuyer sur un socle de
valeurs fondamentales recueillant un large consensus". "Je demande
simplement : de quel droit certains d'entre nous pourraient-ils retirer
à certains êtres humains leur dignité de personne, alors qu'elle leur
est inhérente et inaliénable?"
Il
insiste :"la dignité humaine [qui] s'applique intrinsèquement
à tous les êtres humains sans exception, quel que soit leur âge ou leur
état mental ou physique. Elle est une et indivisible ; sans quoi on
ouvre la porte à toutes sortes de discriminations entre les êtres
humains. Sur le plan de la dignité, un embryon égale un autre embryon,
ou un fœtus ou un handicapé ou un malade terminal, ou n'importe quel
autre humain. Tous doivent être respectés comme des personnes".
Pour Michel Ghins, "La dignité ne
repose sur aucune caractéristique scientifique qui serait éventuellement
partagée par tous les êtres humains ; elle repose, sur notre humanité
elle-même, et ce indépendamment de tout jugement relatif externe".