
Famille
Chrétienne publiera une interview des candidats à l’élection
présidentielle. Aujourd’hui, paraît celle de Jean-Marie Le Pen, candidat
du Front National (FN).
A la question du journaliste qui
lui demande si le programme du FN prévoit l’abrogation de la loi Veil
sur l’avortement, il répond : « en matière législative, il faut tenir
compte de l’état d’esprit de l’opinion. Si je suis élu, je proposerai un
référendum sur l’avortement ». « J’ai perdu l’illusion que l’on pouvait
régler tous les problèmes par des lois », explique-t-il.
Pour Jean-Marie Le Pen, la loi
Veil est avant tout celle de Chirac et Giscard qui ont demandé à
« une femme ancienne déportée » de « porter le chapeau »
parce qu’elle « aurait moins de chance d’être prise pour cible ».
Interrogé sur l’issue d’un
référendum sur la loi de 1975, il en dresse le bilan : « au départ,
la loi Veil entendait lutter contre les avortements, qui étaient au
nombre de 70 000 par an. Elle n’a pas endigué le phénomène. Aujourd’hui,
malgré la multiplication des contraceptifs – dont 1 million de pilules
du lendemain - on atteint les 220 000 avortements ». Il reproche aux
responsables politiques de ne pas « prendre le problème à la
racine », « sous la pression de l’opinion publique ». Ainsi
suggère-t-il de « lutter contre la pauvreté ou la gêne sociale qui va
généralement de pair avec l’avortement ».
Par ailleurs, il souligne la
« discrétion » des évêques français sur la question de l’avortement.
Sur la question de l’euthanasie,
il avoue s’interroger : « moralement et philosophiquement, je suis
partisan du respect de la vie du début jusqu’à la fin » mais, « comme
homme politique responsable, je me pose la question de l’euthanasie. Je
n’ai pas de position définitive pour l’instant ». Il souligne le
nombre croissant de personnes âgées dépendantes dont la société
française devra assumer les frais. « On favorise déjà la mort pour
des raisons de commodité… », justifie-t-il.
Enfin, le candidat du FN se
déclare « hostile à toute manipulation sur l’embryon humain ».