La
directive européenne de 2001 sur les organismes génétiquement modifiés
(OGM) vient d'être transposée, "en catastrophe", dans la
législation française par deux décrets parus hier au Journal Officiel.
Cette directive, relative à la commercialisation et aux essais en plein
champ d'OGM, aurait dû être transposée avant 2006. La France avait donc
été condamnée par la Commission européenne à payer des indemnités de
retard en plus de l'amende.
Un
arrêté paru hier prévoit parallèlement la création d'un registre
national "qui recensera le nombre et la surface des parcelles semées
en OGM, ainsi que leur localisation". Les agriculteurs cultivant des
OGM sont désormais tenus d'en informer leurs voisins et de respecter une
distance d'isolement de 50 mètres entre les parcelles.
En
2006, 5 000 hectares d'OGM ont été cultivés. En 2007, selon
l'Association générale des producteurs de maïs, 30 000 hectares
pourraient être semés. Le ministère de l'agriculture vient d'ailleurs de
donner son feu vert pour 13 essais de culture d'OGM en plein champ (12
de maïs et un de tabac), sur les 14 demandes déposées pour l'année 2007.
Nombre
d'associations demandent un moratoire sur les OGM et souhaitent que le
débat initialement prévu à l'Assemblée nationale sur le projet de loi
sur les OGM ait lieu. En effet, ce projet de loi, adopté en première
lecture par le Sénat en mars 2006, n'est jamais passé en seconde lecture
devant l'Assemblée nationale, officiellement pour des "contraintes de
calendrier". Le ministère de l'agriculture assure que le débat se
tiendra et ce, même si les décrets sont déjà parus. Pour Arnaud
Gossement, juriste et porte-parole du Collectif d'associations France
Nature - Environnement, le gouvernement ne pourra pas se dispenser d'une
loi sur le sujet.