Le
Monde consacre un portrait au biologiste Marc Peschanski : militant
de Lutte ouvrière, il soutient, pour la sixième fois sur six
candidatures à l'élection présidentielle, sa candidate Arlette Laguiller
dont il épouse la cause avec "le cœur et la raison". "Ce qui
me lie toujours à l'extrême gauche, de manière indéfectible, c'est une
colère viscérale contre l'injustice", déclare-t-il.
Fils
de communistes très engagés dans le combat politique, nourris aux deux
mamelles de la révolution et de la recherche, il choisira le trotskisme.
A peine âgé de 15 ans, il adhère, en 1967, à Voix ouvrière (rebaptisée
par la suite Lutte ouvrière), "prêt à entendre que le communisme
était un idéal magnifique, trahi par les dirigeants de l'Union
soviétique". Marc Peschanski conserve un "souvenir fiévreux"
de cette époque bénie d'un activisme ardent, d'un "engagement total"
: "nous étions des professionnels de la politique".
En
1982, il entre à l'Institut national de la santé et de la recherche
médicale (Inserm). Neuf ans plus tard, il pratique les premières greffes
neuronales, issues de fœtus avortés, en France sur des personnes
atteintes des maladies de Parkinson et de Huntington. Puis il se
passionne pour les cellules souches embryonnaires humaines.
Ainsi,
Marc Peschanski "se bat bec et ongles" pour la révision des lois
de bioéthique afin qu'elles autorisent la recherche sur les cellules
souches embryonnaires humaines, interdite jusqu'en 2004.
Il
est à l'origine de l'Institut des cellules souches pour le traitement et
l'étude des maladies (I-Stem) créé en 2005. Installé sur le Génopole
d'Evry, I-Stem est cofinancé par l'Association française contre les
myopathies (AFM) (Cf.
Synthèse de
presse du 30/11/06 : Téléthon : "les dessous de la polémique").
"Son ambition est d'identifier, en travaillant sur des cellules
porteuses de mutations génétiques rares, issues d'embryons humains ayant
fait l'objet d'un diagnostic préimplantatoire, des molécules
thérapeutiques facilement utilisables par les médecins et les patients."
On
retrouve donc Marc Peschanski au cœur de la polémique à propos de
l'utilisation des dons du Téléthon qui finance la recherche sur
l'embryon. Il qualifie le débat éthique qui s'est engagé à cette
occasion de "tentative des fondamentalistes de faire sortir les
soutanes de la naphtaline".
Arlette
Laguiller le soutient : "face à la montée des intégrismes religieux,
il est essentiel de défendre une vision philosophique matérialiste".
"Marc
est de ceux qui font avancer le combat scientifique et le combat
politique", poursuit la candidate ; sans doute est-ce "grâce" à
cette "ambition dévorante" que lui reconnaissent ses proches.
La Croix signale que Marc Peschanksi, vient d'être
sélectionné par la Commission européenne pour conduire un projet de
recherche sur l'utilisation des cellules souches embryonnaires humaines.
Il étudiera les maladies génétiques à partir d'une lignée de cellules
souches embryonnaires humaines.
[NDLR : A la lecture de ce
portrait, on peut s'interroger sur ce qui a conduit le journal La Croix
- en novembre 2006 au moment du débat sur le Téléthon - à consacrer un
article si complaisant à un scientifique revendiquant une philosophie
trotskyste incarnée dans le combat politique pour obtenir la
chosification de l'embryon humain (Cf.
Synthèse de
presse du 21/11/06)]