La
question du débat sur l'euthanasie continue à faire couler beaucoup
d'encre avec le procès de Laurence Tramois, médecin, et
de Chantal Chanel, infirmière, comparaissant toutes les deux devant la
Cour d'assises de Dordogne, pour avoir injecté, le 25 août 2003, un produit létal à une
patiente en phase terminale d'un cancer. (cf.
Synthèse de presse du 12/03/07).
Hier, mardi 13
mars, Henri Caillavet, ancien sénateur et président d'honneur de
l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), a été
entendu comme témoin au procès, racontant comment il avait lui-même
donné la mort à son père, à sa demande.
Le journal
La Croix rapporte que de nombreux médecins généralistes, qui
accompagnent souvent des patients en fin de vie à domicile, ressentent
parfois un très grand sentiment de solitude. "L'isolement du
généraliste est réel. Le risque est alors, soit qu'il baisse les bras,
soit qu'il hospitalise à tout va, soit qu'il ait recours à un acte
interdit par la loi. Et la meilleure solution pour briser cet isolement,
c'est le recours à un réseau de soins", affirme le docteur Noëlle
Vescovali, présidente de la Fédération des réseaux des soins palliatifs
d'Ile de France (Respalif).
Selon le député
Jean Léonetti, rapporteur de la loi sur la fin de vie en 2005, les
médecins manquent de moyens dévolus à la fin de vie. Il propose de
"doter tous les départements d'une structure de soins palliatifs;
[de] former dans les deux ans tous les médecins confrontés à la mort
aux pratiques de soins palliatifs et de l'accompagnement des mourants;
et [de] créer un observatoire des pratiques de fin de vie
pour évaluer la loi".
Lundi 12 mars,
l'Ordre des médecins a réaffirmé qu'"en aucun cas, le médecin n'a le
droit de donner délibérément la mort" et que "la transgression de
cet interdit par la loi serait une régression majeure de notre société
dans sa conception de l'homme et du respect dû à la vie".