Zenit
publie un entretien avec John Smeaton, directeur national de la Société
pour la protection des enfants non nés ("Society for the Protection
of Unborn Children") sur "l'héritage bioéthique de Tony Blair".
Pour John
Smeaton, il n'y a aucun domaine éthiquement sensible que le "gouvernement
Blair n'ait pas fait empirer". Ainsi, l'une des premières mesures
prises par Tony Blair fut d'autoriser les jeunes filles, dès 11 ans, à
recourir à l'avortement et à accéder aux moyens de contraception, sans
le consentement de leurs parents. Une autre fut de promulguer la
Mental Capacity Act 2005 permettant ou obligeant le médecin, selon
les circonstances, à laisser mourir d'inanition et de déshydratation ses
patients sans défense.
Il ajoute que
le gouvernement Blair a augmenté le financement accordé aux agences de
contrôle démographique dont l'International Planned Parenthood
Federation et le Fonds des Nations unies pour la Population. Selon
John Smeaton, le gouvernement Blair, "sous prétexte de vouloir
répondre aux objectifs de développement du millénaire", exporte
l'avortement dans les pays en voie de développement. Cette influence "contraire
à la vie et à la famille" exercée par la Grande-Bretagne se retrouve
aussi en Europe.
Le directeur de
la "Society for the Protection of Unborn Children" dénonce les
conditions dans lesquelles se tient le débat bioéthique en Angleterre.
Le débat serait ainsi biaisé par la partialité des médias qui "présentent
les thèmes de bioéthique (...) de manière pratiquement
unilatérale". Il s'insurge contre le "pouvoir de manipulation"
dont jouit le gouvernement. Ce dernier a ainsi réussi à inscrire le
concept "d'euthanasie par omission" dans la loi de 2005, tout en
se disant contre la légalisation de l'euthanasie...
John Smeaton
déplore l'absence "d'enseignement clair sur les sujets liés à la vie".
Il constate que "non seulement la Grande-Bretagne a perdu sa boussole
morale" mais qu'"elle a également perdu une bonne partie du
langage éthique" et qu'elle "n'est plus capable de penser d'une
manière moralement rationnelle". Il ajoute à cela que "la notion
de ce qui est juste et de ce qui ne l'est pas, n'existe plus", qu''il
n'y a plus de langage objectif pour classer ce qui est juste et ce qui
ne l'est pas". D'après lui, une nouvelle définition de la morale
prévaut : "étrange combinaison entre l'intérêt personnel, la
compassion et le désir de ne pas avoir à endurer de souffrances ni subir
d'inconvénients". Enfin, il condamne le "stalinisme moral"
ambiant.