Le
Quotidien du Médecin revient sur les techniques de l’Assistance
médicale à la procréation (AMP) telle qu’elle a été prévue par la
loi de bioéthique de 2004 et met en perspective les nouveaux enjeux
de l’AMP en vue de la révision de loi de 2004 prévue en 2009.
Aujourd’hui, l’AMP est en effet envisagée dans des circonstances de
« convenance ».
La loi de 2004 autorise le
recours à l’AMP (conception in vitro ; transfert d’embryons ;
insémination artificielle…) pour un couple hétérosexuel, marié ou
justifiant de deux ans de vie commune, en âge de procréer et qui
nourrit un projet parental irréalisable à cause d’une infertilité
médicale. Depuis le 30 mars 2005, la Sécurité sociale ne rembourse
pas plus de six tentatives d’inséminations et plus de quatre
tentatives de fécondation in vitro (FIV), ni les tentatives
réalisées par une femme de plus de 43 ans.
Entre 25 000 et 30 000 couples
par an sont concernés par l’AMP et consultent un centre de
procréation médicalement assistée (PMA) parmi la centaine que compte
la France.
En 2004, sur 110 000
tentatives d’AMP, 17 000 ont abouti à une naissance ce qui
représente 2.3% des naissances totales. Sur ces 17 000 naissances, 1
000 proviennent d’un don de gamètes.
Pour le don de gamètes, la loi
de bioéthique de 2004 repose sur les principes de gratuité et
d’anonymat. Cette loi interdit la pratique des « mères
porteuses » et celle du double don de gamètes. En revanche, un
couple composé d’un homme et d’une femme stériles disposent de la
possibilité de recourir à l’accueil d’embryon.
L’accueil d’embryon concerne
les embryons dits « surnuméraires », c'est-à-dire ceux créés
au cours d’une FIV et non réimplantés ensuite. Il est en effet
possible de congeler ces embryons. (En France, il existe 23 centres
de recueil et de conservation des gamètes habilités.) Si les
embryons congelés ne font plus l’objet d’un projet parental ou si
l’un des deux parents meurt, ils sont soit, sur décision des ou du
parent, accueillis par un autre couple, détruits ou donnés à la
recherche. La loi de 2004 autorise en effet, par dérogation et pour
cinq ans, les recherches sur l’embryon. 23 équipes sont ainsi
autorisées à faire de la recherche sur l’embryon. On estime à
120 000 le nombre d’embryons congelés en France.
La prochaine révision de la
loi de bioéthique, prévue en 2009, pourrait autoriser, par principe
et non plus par dérogation, la recherche sur l’embryon. La question
de l’élargissement de l’AMP aux couples homosexuels ou aux personnes
seules susciterait, elle, davantage de réserves de la part de
certains parlementaires. A propos du don de gamètes, les trois
principaux candidats à l’élection présidentielle seraient attachés
aux principes de gratuité et d’anonymat tout en reconnaissant que la
pénurie d’ovules qui en résultent entraîne un tourisme procréatif.