Dans
le quotidien Le Monde, Marie de Hennezel, psychologue et
écrivain revient sur les déclarations de Ségolène Royal et Nicolas
Sarkozy à propos de la fin de vie. Tous deux se sont déclarés en
faveur d'une loi sur l'euthanasie invoquant "les souffrances
épouvantables...intolérables" des personnes en fin de vie.
Or, explique-t-elle, des lois
destinées à soulager les souffrances de ces personnes existent déjà.
Il convient maintenant "de faire une pédagogie de ces lois,
d'expliquer aux français que les textes encadrent parfaitement la
fin de vie, et que si des cas de souffrances intolérables nous sont
rapportés, cela montre que la loi n'est pas encore appliquée
partout".
Elle suggère que les
candidats s'engagent à faire appliquer ces bonnes pratiques de fin
de vie, forment tous les médecins hospitaliers et libéraux,
financent des postes de psychologues pour épauler les médecins et
financent le congé d'accompagnement prévu par la loi du 9 juin 1999.
Sans ces mesures,
explique-t-elle, nous aurons une mort à 2 vitesses. D'une part,
celle qui a recours aux soins palliatifs où la fin de vie sera
apaisée. D'autre part, celle qui n'apporte pas d'autre issue que de
demander la mort pour soulager la souffrance. Interpellant les 2
candidats, elle leur demande de mettre en place des mesures
"concrètes, urgentes et impératives" pour réduire l'inégalité
d'accès aux soins palliatifs.
En revanche,
explique-t-elle, il conviendrait de débattre sur un autre sujet :
celui des personnes qui veulent mourir et qui souhaitent qu'on les
aide à se suicider. "Quelle place sommes-nous prêts à accorder à
ceux qui se sentent de plus en plus exclus de la communauté des
vivants et désirent la mort plutôt que la vie". Comment répondre
à ces souffrances qui ne concernent pas la fin de vie ?