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Le
quotidien Le Monde consacre une interview au Docteur Véronique
Fournier, Médecin de santé publique et directrice du Centre d'éthique
clinique de l'hôpital Cochin à propos de l'Assistance médicale à la
procréation (AMP).
Selon
les derniers chiffres de l'Agence de biomédecine, 113 000 tentatives
d'AMP ont été recensées en 2004 et 17 791 enfants seraient nés grâce à
cette technique. Une trentaine de demandes d'AMP particulièrement
complexes ont été étudiées au Centre d'éthique clinique à la demande des
médecins. Dans la plupart de ces cas, les médecins hésitent à accéder à
la demande des patients en raison de l'intérêt de l'enfant à naître. Les
questions portent sur l'âge des parents, leur statut socio-économique ou
encore le risque qu'ils meurent prématurément.
La loi ne répond pas à ces
questions et laisse aux médecins le pouvoir de décider. Véronique
Fournier s'interroge : "pourquoi les médecins seraient-ils les mieux
placés pour juger de l'intérêt de l'enfant à naître ?" ; "sur quels
fondements la loi s'est-elle appuyée pour dire que l'interdit passe
davantage ici que là ?".
Pour répondre à ces demandes
Véronique Fournier préconise de s'interroger "si c'est oui ou non le
rôle de la société de payer pour les demandes qui relèvent davantage de
la convenance personnelle que de la maladie". Elle rappelle que le
"principe de justice" est l'un des piliers fondateurs de
l'éthique biomédicale d'abord au nom de l'égalité de l'accès aux soins,
puis au nom de l'utilisation optimale des ressources disponibles.
Elle estime que des situations
d'infertilité liées à une maladie pourraient être prises en charge par
la solidarité nationale et que dans le cas où les réponses éthiques
seraient trop difficiles, une commission multidisciplinaire
pourrait être saisie afin d'établir si la solidarité nationale assume ou
non le financement de ce projet.
Une tentative d'AMP coûte entre
3 500 et 5 000 euros, rappelle-t-elle. "L'assurance maladie n'est pas
faite pour pallier les injustices. Elle est faite pour financer des
soins nécessaires du fait d'une maladie."
"Mettre en débat public ce que la
solidarité nationale doit ou non financer va devenir une question
incontournable dans les années qui viennent", conclut-elle. |