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Le
Figaro et Libération reviennent sur les manifestations
parfois violentes qui ont éclaté dans des villages du canton de Bobai
dans le Guangxi contre la politique de contrôle des naissances (cf.
Synthèse de presse du 23/05/07). En décembre dernier, le Comité
central a reconduit "le travail du Planning familial pour résoudre
les problèmes posés par le poids démographique" et sommé chaque
province de rendre des comptes.
Critiqués pour
la surpopulation de 1,58 millions d'habitants de leur canton, les
dirigeants de Bobai ont lancé une campagne de stérilisation et
d'avortements forcés. Suivant les consignes internes au parti et à
l'administration : "d'ici au mois d'août, chaque fonctionnaire du
canton devra avoir atteint deux objectifs : 1/ obtenir d'une personne,
homme ou femme, qu'elle subisse la stérilisation ; 2/ collecter au moins
500 yuans au titre des frais de garde sociaux" ("amende
renouvelable de 50 euros imposée aux couples contrevenants", selon
Le Figaro).
Selon une note
publiée par Boxun, site Internet dissident, les "inquisiteurs du
canton de Bobai" avaient, à la date du 24 avril, collecté 7,8
millions de yuans et imposé à 17 268 femmes l'une des "quatre
méthodes" du Planning familial : l'implantation vérifiée d'un
stérilet chez les femmes ayant un enfant de trop, la stérilisation pour
les mères de deux enfants et l'avortement déclenché ou chirurgical pour
les contrevenantes enceintes.
Le quotidien
South China Morning Post mentionne aussi une directive locale
demandant à chaque membre du Planning familial d'examiner toutes les
femmes et d'imposer une amende de 1 000 yuans à celles qui refuseraient
de se prêter à l'examen. Ceux qui ne respecteraient pas la loi "seront
imposés et le cas échéant stérilisés".
Faute de
vouloir ou pouvoir payer des amendes trop élevées, les familles sont
battues, pillées : "les gens du Planning familial étaient comme les
Japonais pendant la guerre ils ont tout pris et détruit ce qui restait",
raconte un villageois.
Ceux qui
dénoncent les dérives de cette politique voulue par Pékin, comme Chen
Guang-cheng, condamné à quatre ans et trois mois de prison, sont
évincés. D'autres tentent encore de modifier la loi en vigueur, comme Ye
Tingfang, député à la Conférence consultative politique (groupe de
personnalités en marge du Parlement), qui a soumis une proposition de
réforme, "restée lettre morte", au cours de la session de mars.
"La
colère des paysans du Guangxi vient, elle, s'ajouter à la facture
sociale de l'enfant unique déjà alourdie par le déséquilibre des
naissances aux dépens des filles et le vieillissement accéléré de la
population chinoise", conclut Libération. |