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Faut-il
recommander ou imposer la vaccination contre le cancer du col de
l'utérus pour les filles avant leur première relation sexuelle ? Cette
question, posée à l'échelle de la planète, est une véritable "équation
médicale, éthique et économique, à inconnues multiples".
Un seul vaccin
est actuellement autorisé : le Gardasil. En neuf mois, l'Agence
européenne du médicament a autorisé, en septembre 2006, la mise sur le
marché d'un vaccin autour duquel de nombreuses questions restent en
suspens dû au manque de recul dont dispose le fabricant. Si l'on sait
déjà que ce vaccin ne protège pas de tous les types de cancers du col de
l'utérus, on ignore tout de ses éventuels effets secondaires.
En France, le
Conseil supérieur d'hygiène publique recommande de généraliser la
vaccination des jeunes filles âgées de 14 ans "contre les infections
virales sexuellement transmissibles dues à certains papillomavirus
humaines, infections dont on sait qu'elles sont directement impliquées
dans la genèse des lésions précancéreuses et cancéreuses du col de
l'utérus". Début février, alors ministre de la Santé, Xavier
Bertrand avait promis que le remboursement du vaccin serait mis en place
avant la fin du mois de juin. Roselyne Bachelot, récemment nommée
ministre de la Santé ne s'est pas encore prononcée sur ce sujet.
Aux Etats-Unis,
depuis que le ministère de la Santé a, l'été dernier, recommandé la
vaccination des préadolescentes contre le cancer du col de l'utérus, la
polémique enfle. Des associations, parents et médecins, se mobilisent
pour interdire une telle vaccination.
Pour l'heure,
seule la Virginie a inscrit le vaccin dans la liste des pré requis à la
scolarisation. Une vingtaine d'autres états étudieraient une mesure
similaire. Le 16 ami dernier, le Congrès de l'Arizona a lui adopté un
amendement interdisant de rendre cette vaccination obligatoire.
Pour la
sénatrice républicaine Karen Johnson, "vacciner les filles contre
quelque chose qui est lié à une maladie sexuellement transmissible
renvoie un message totalement erroné aux enfants". "Ce n'est pas
une maladie que les enfants attrapent en restant assis sur leurs bancs à
l'école", résume la présidente de l'association qui soutient
l'interdiction de la vaccination dans les écoles.
Des parents et
des membres de la communauté médicale ont par ailleurs critiqué le
lobbying intensif mené par le laboratoire Merck pour que les élus locaux
imposent l'achat du vaccin qu'il est le seul à avoir commercialisé et ce
pour 360 dollars. L'académie américaine de pédiatrie regrette, elle, la
"précipitation" avec laquelle on a généralisé l'usage d'un vaccin
qui n'a été mis en circulation qu'en juin 2006.
Premier à
s'être prononcé en faveur de la généralisation obligatoire de la
vaccination, le Michigan vient de revenir sur sa décision. Les parents
seront informés des risques du papillomavirus et de l'existence du
vaccin. |