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Libération
revient sur le kit ADN, désormais commercialisé en Grande-Bretagne, qui
permet de connaître le sexe d'un bébé dès la sixième semaine (cf.
Synthèse de presse du 07/05/07).
Lancé l'année
dernière aux Etats-Unis par la société américaine DNA Worldwide,
le test "Pink or Blue" détecte sur l'embryon la présence du chromosome
Y, dont seuls les garçons sont porteurs, à partir d'une goutte de sang
de la mère. Son coût s'élève à 280 euros en version normale et 350 euros
en version rapide, pour obtenir le résultat en quatre jours. D'après
DNA Worldwide, ce test serait fiable à 99%.
La
commercialisation de ce test a provoqué de nombreuses réactions. Pour
Michaela Aston, porte-parole de l'association Life, "la
pratique discriminatoire des avortements en fonction du sexe existe bien".
La preuve en est "le fait qu'un nombre croissant d'hôpitaux refusent
désormais de révéler le sexe du bébé". Elle s'inquiète de
l'accroissement des avortements que va engendrer ce test, notamment dans
les communautés où l'un des deux sexes est considéré comme "mauvais".
Une enquête
parue il y a peu dans le journal médical britannique The Lancet a
révélé qu'en Inde, où les filles sont considérées comme "problématiques",
au moins 10 millions de bébés de sexe féminin avaient été avortés au
cours des 20 dernières années.
Interrogé par
le quotidien, le professeur Jacques Lansac, gynécologue obstétricien au
CHU de Tours et président du Collège national des gynécologues et
obstétriciens français, rappelle qu'en France, selon la loi de
bioéthique de 2004, le diagnostic prénatal de sexe par ADN "ne peut
se faire qu'en cas d'indication médicale liée à une maladie génétique
présente dans la famille, et dans des centres agréés et
pluridisciplinaires sous le contrôle de l'Agence de biomédecine".
Par ailleurs,
s'il juge cette pratique "acceptable" pour dépister une maladie
génétique grave liée au sexe comme l'hémophilie ou la myopathie, il
l'estime "inacceptable si c'est pour éliminer un enfant dont le sexe
ne convient pas".
"Ce
n'est pas parce qu'une technique existe qu'il faut en faire usage sans
discerner sa finalité", ajoute-t-il. "En l'espèce, toute
technique aboutissant à la discrimination en raison du sexe est
condamnable. C'est le rôle de l'Etat de l'interdire et de sanctionner si
les professionnels, pour des raisons lucratives, n'ont pas l'honnêteté
de se l'interdire."
"Toutes
les techniques médicales peuvent conduire à des dérives contraires au
respect de la dignité de l'homme. Il faut savoir les condamner."
[NDLR :
Selon Isabelle Attané, démographe,
sinologue et chargée de recherches à l'Institut national d'études
démographiques (INED), 90 000 000 de femmes manqueraient à l'appel en
Asie - Source : Le Monde du 09/03/07(cf.
Synthèse de presse du 09/03/07)] |