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Synthèse de presse bioéthique du vendredi 18/05/07

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Connaître le sexe de son bébé dès six semaines

Connaître le sexe de son bébé dès six semainesLibération revient sur le kit ADN, désormais commercialisé en Grande-Bretagne, qui permet de connaître le sexe d'un bébé dès la sixième semaine (cf. Synthèse de presse du 07/05/07).

Lancé l'année dernière aux Etats-Unis par la société américaine DNA Worldwide, le test "Pink or Blue" détecte sur l'embryon la présence du chromosome Y, dont seuls les garçons sont porteurs, à partir d'une goutte de sang de la mère. Son coût s'élève à 280 euros en version normale et 350 euros en version rapide, pour obtenir le résultat en quatre jours. D'après DNA Worldwide, ce test serait fiable à 99%.

La commercialisation de ce test a provoqué de nombreuses réactions. Pour Michaela Aston, porte-parole de l'association Life, "la pratique discriminatoire des avortements en fonction du sexe existe bien". La preuve en est "le fait qu'un nombre croissant d'hôpitaux refusent désormais de révéler le sexe du bébé". Elle s'inquiète de l'accroissement des avortements que va engendrer ce test, notamment dans les communautés où l'un des deux sexes est considéré comme "mauvais".

Une enquête parue il y a peu dans le journal médical britannique The Lancet a révélé qu'en Inde, où les filles sont considérées comme "problématiques", au moins 10 millions de bébés de sexe féminin avaient été avortés au cours des 20 dernières années.

Interrogé par le quotidien, le professeur Jacques Lansac, gynécologue obstétricien au CHU de Tours et président du Collège national des gynécologues et obstétriciens français, rappelle qu'en France, selon la loi de bioéthique de 2004, le diagnostic prénatal de sexe par ADN "ne peut se faire qu'en cas d'indication médicale liée à une maladie génétique présente dans la famille, et dans des centres agréés et pluridisciplinaires sous le contrôle de l'Agence de biomédecine".

Par ailleurs, s'il juge cette pratique "acceptable" pour dépister une maladie génétique grave liée au sexe comme l'hémophilie ou la myopathie, il l'estime "inacceptable si c'est pour éliminer un enfant dont le sexe ne convient pas".

"Ce n'est pas parce qu'une technique existe qu'il faut en faire usage sans discerner sa finalité", ajoute-t-il. "En l'espèce, toute technique aboutissant à la discrimination en raison du sexe est condamnable. C'est le rôle de l'Etat de l'interdire et de sanctionner si les professionnels, pour des raisons lucratives, n'ont pas l'honnêteté de se l'interdire."

"Toutes les techniques médicales peuvent conduire à des dérives contraires au respect de la dignité de l'homme. Il faut savoir les condamner."

[NDLR : Selon Isabelle Attané, démographe, sinologue et chargée de recherches à l'Institut national d'études démographiques (INED), 90 000 000 de femmes manqueraient à l'appel en Asie - Source : Le Monde du 09/03/07(cf. Synthèse de presse du 09/03/07)]

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Chaque article présenté dans Gènéthique est une synthèse des articles de bioéthique parus dans la presse et dont les sources sont indiquées dans l'encadré noir. Les opinions exprimées ne sont pas toujours cautionnées par la rédaction.

Libération (Sabine Limat, Emmanuèle Peyret) 18/05/07 - BioEdge 09/05/07 - MSNBC 15/05/07

 

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