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La
Croix publie une tribune de Danielle Moyse, professeur agrégé de
philosophie et chercheur associé au Centre d'études des mouvements
sociaux (CNRS-EHESS), à propos de l'infertilité.
Un couple sur
six connaîtrait des difficultés au moment où il "décide de faire un
enfant". Ainsi la stérilité, se définit-elle désormais comme "l'absence
d'enfant dans le délai prévu". L'enfant résultant d'un "projet
parental", il doit arriver quand on le veut et quand il est programmé,
d'où le recours à la procréation médicalement assistée (PMA), quand le
calendrier n'est pas respecté.
Dans de
nombreux cas, le recours à la PMA franchit sans doute les limites des
indications médicales. Ces indications devraient en outre augmenter,
d'après les observations scientifiques qui font état d'une dégradation
de la fécondité humaine due à la pollution ambiante.
Pour autant,
aujourd'hui peut-on dire que l'intervention médicale sait "réparer ce
que l'industrialisation aura détruit" ? Corrige-t-elle l'infécondité
? "Peut-elle au mieux, faire autre chose que la différer, et cela ne
revient-il pas, dans certains cas, à la reconduire, voire à l'aggraver ?"
La PMA, en ne soignant pas les causes de l'infertilité, les contourne et
multiplie le risque de prématurité qui lui-même accentue le risque
d'infécondité. Selon une étude de
Zhu J. L et coll., Br. Med. J., 2006, la PMA accroît le taux de
malformations et ce jusqu'à 39% en cas de recours à un traitement de
l'infertilité (cf.
Synthèse du 05/10/06). "La médecine va-t-elle alors être mise en
demeure de recourir à l'interruption médicale de grossesse pour corriger
les dégâts de la correction ?"
Par ailleurs,
la nécessité d'avoir des "rapports sexuels bien calculés" pour
avoir un enfant bien programmé ne menace-t-elle pas la sexualité
elle-même "qu'on ne peut réduire à des rapports mécaniques, sans
risquer d'en détruire la subtile origine" ?
"Bref,
tous ces éléments ne devraient-ils pas nous inciter à comprendre que ce
n'est pas par plus de maîtrise que nous restaurerons les dégâts induits
par la maîtrise de la nature, mais par une interrogation sur ce que
signifie cette moderne manière d'être au monde, qui induit notamment un
tel "malaise de la procréation" ?" |