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Le
quotidien Le Monde consacre un dossier à l'impact de
l'industrialisation de l'agriculture sur les conditions de vie de
l'animal d'élevage et sur la souffrance qu'elle engendre pour les
animaux.
Florence Burgat, philosophe et
directeur de recherche à l'Institut national de la recherche agronomique
(INRA) explique que l'évolution du statut de l'animal d'élevage a
contribué "à mettre en cause la tradition de l'humanisme juridique,
qui considère que seuls les êtres de raison ont des droits et qu'il n'y
a pas de droits sans devoirs". Elle estime qu'il est capital de
légiférer pour améliorer la condition animale.
Interrogée sur le fait que
beaucoup craignent qu'en valorisant l'animal, on rabaisse l'humain, elle
estime que "le fait de prendre soin des plus faibles l'honore
[l'humanité]". "Je ne vois pas en quoi le souci porté aux animaux
pourrait diluer les droits de l'homme, lequel y trouverait plutôt un
surcroît de responsabilité".
Enfin, elle évoque la souffrance
des éleveurs confrontés à ces situations. "Ils supportent mal d'un
point de vue psychologique, le mode d'existence et les traitements
qu'ils infligent aux animaux". Elle rappelle qu'en dehors de la
chasse, de la pêche, de l'expérimentation, de la fourrure et des
animaux, 1,036 milliard d'animaux de boucherie sont tués en France
chaque année.
S'il semble nécessaire de
respecter les animaux, "certains semblent craindre qu'en valorisant
l'animal on rabaisse l'humain", explique le journaliste du Monde.
C'est justement à cette question qu'ont répondu Jean-Marie Meyer,
professeur agrégé qui enseigne la philosophie générale en classe
préparatoire et l'éthique à l'Institut de philosophie comparée de
Paris ainsi que le journaliste et écrivain Patrice de Plunkett en
publiant un livre "Nous sommes des animaux mais on n'est pas des
bêtes" *.
Dans cet ouvrage, ils
s'interrogent en profondeur sur ce qui sépare l'homme de l'animal. La
première partie du livre est consacrée au psychisme de la bête. Les
animaux communiquent : mais quoi et comment ? L'homme
d'aujourd'hui ne se trompe-t-il pas lorsqu'il prête ses émotions
humaines aux bêtes? La seconde partie étudie nos relations avec les
animaux. Peut-on dire qu'un chat nous "sort de la solitude",
alors qu'il n'est pas un humain ? Notre éthique a-t-elle quelque chose à
voir avec le fonctionnement des sociétés animales ? Est-il vrai que les
animaux ont une morale, dont serait issue la morale humaine ?
Jean-Marie Meyer et Patrice de
Plunkett dénoncent la "crise de l'humain" que nous sommes en
train de fabriquer sous couvert de "respecter l'animal". Leur
livre pointe du doigt les différences entre la bête et l'homme et montre
l'urgence, pour l'homme, de se redécouvrir lui-même.
* Nous sommes des animaux mais on
n'est pas des bêtes, Jean-Marie Meyer, Patrice de Plunkett, ed.
Presses de la Renaissance, avril 2007. |