Dans
la tribune du Monde, Guy Aurenche, avocat, président d'honneur de
la Fédération internationale de l'Action des chrétiens pour l'abolition
de la torture (ACAT) et ancien président de l'ACAT, revient sur la
condamnation par le Vatican des actions d'Amnesty International en
faveur de l'avortement.
En
avril 2007, Amnesty International a
demandé la dépénalisation de l’avortement "afin d’éliminer les
avortements pratiqués dans de mauvaises conditions" ; elle a demandé
aux Etats que "des services d'avortements accessibles et de bonne
qualité soient à la disposition de toutes les femmes qui ont besoin dans
le cas de grossesse non désirée consécutive à un viol, une agression
sexuelle ou un inceste" ou dont la vie est en danger du fait de la
grossesse (cf.
Synthèse de presse du 14 et 15/06/07).
"En tant que
catholique engagé", Guy Aurenche se dit "scandalisé" de
l'attitude "pernicieuse" et "rigide" du Vatican qui ne "fait
pas la distinction entre le souhait de voir l'avortement ne plus être
pénalisé, et la promotion active de l'avortement",
pourtant ce sont toujours sur ces
cas "extrêmes" que les lobbies tentent de faire légaliser l'avortement
avant de généraliser son autorisation.
Il dénonce "le
sectarisme de certains mouvements "pro-life" (anti-avortement) qui ne
reculent devant aucun moyen pour imposer leur vérité dogmatique".
Guy Aurenche
regrette "que l'organe romain chargé de la défense de la justice, de
la paix et des droits humains n'ait pas su résister à un tel esprit de
croisade !".
Pour lui :
"l'Eglise, en transformant la
bonne nouvelle de la vie en vérité morale impérative et universelle,
rend le message évangélique inaudible".
Et
l'hebdomadaire La Vie, citant les propos de Guy Aurenche, de
poser la question : "Serait-il désormais impossible d'être catholique
et de soutenir Amnesty ?".