Kent
Ewing, professeur à la Hong Kong International School, a
publié, le 31 mai dernier, sur le site Internet d'Asia Times,
une analyse de la politique de contrôle des naissances chinoise.
Revenant sur les récentes émeutes qui ont éclaté dans la région du
Guangxi à propos de la politique de l'enfant unique en vigueur
depuis 1979 (cf.
Synthèse de presse du 23/05/07), il s'interroge : "que
faudra-t-il pour que les dirigeants chinois admettent qu'ils
doivent sortir du fiasco produit par leur politique de planning
familial ?".
Ces violents événements ont
rappelé "l'inhumanité inhérente" à cette politique et tout
ce que "son application peut avoir d'arbitraire et de brutal".
La presse internationale a ainsi rapporté les cas d'avortements
forcés comme celui de He Caigan, jeune femme de 19 ans, qui a été
contrainte d'avorter à quelques jours du terme prévu pour sa
grossesse.
Parallèlement, Kent Ewing
constate que les jeunes femmes sont de plus en plus nombreuses à
recourir à l'avortement comme moyen principal de contraception. Le
13 mai dernier, un article du New York Times rendait compte
de la hausse du taux d'avortements chez les jeunes chinoises
célibataires, décrivant ce que son auteur, le journaliste Jim
Yardley, appelle la "culture alarmante de l'avortement".
D'après les chiffres de l'International
Planned Parenthood Association, basés sur ceux "pas
toujours très fiables" du ministère de la Santé, la Chine
compterait 7 millions d'avortements par an. Mais, en prenant en
compte notamment le nombre d'avortements pratiqués dans les
cliniques privées et le nombre de femmes recourant à la pilule du
lendemain, ignorés dans les statistiques du ministère de la Santé,
"il se pourrait que le chiffre réel des avortements en Chine
soit deux fois plus élevés que le chiffre officiel".
Associée à la traditionnelle
préférence pour les mâles, la politique de l'enfant unique a
conduit à un ratio de 119 garçons pour 100 filles âgés de moins de
cinq ans. Dans certaines régions, ce ratio atteint 130 garçons
pour 100 filles.