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Dans
le quotidien Le Monde,
Jean-Yves Nau revient sur l’émission de téléréalité « The
Big Donor Show », diffusée le 1er juin dernier aux
Pays-Bas (cf.
Synthèse de presse du 04/06/07). Cette émission-canular mettait en
scène Lisa, 37 ans, atteinte d'une tumeur au cerveau, qui, conseillée
par les téléspectateurs, devait choisir entre trois malades souffrants
d’insuffisance rénale à qui attribuer l’un des ses reins après sa mort.
Dix minutes avant la fin de l'émission, on apprenait que Lisa était une
actrice en bonne santé et que les trois patients étaient traités par
hémodialyse.
Ce spectacle, censé sensibiliser
les gens au don d’organes, constitue de fait une nouvelle
« transgression » : on avait jusqu’alors, pour des raisons éthiques,
tenu ce sujet à l’écart du commerce, de la publicité, du jeu et du
spectacle.
Afin d’encadrer les avancées
scientifiques des dernières années (transfusion sanguine, greffe
d’organes, procréation médicalement assistée…), les pays occidentaux ont
mis en place des législations basées essentiellement sur le volontariat,
le bénévolat et l’anonymat, traduisant l’indisponibilité et la
non-patrimonialité du corps humain.
Ces dispositions juridiques sont
désormais menacées, d’une part par la pénurie d’organes transplantables
et d’autre part par la globalisation ; alors que la demande de greffons
augmente dans un contexte de vieillissement de la population.
C’est ainsi que se développe un
« tourisme de transplantation » qui rémunère les donneurs pauvres qui
acceptent de se faire prélever un organe au profit de malades plus
riches. De telles pratiques se sont particulièrement développées en
Chine – à partir d’organes prélevés sur des condamnés à mort après leur
exécution -, en Inde, au Pakistan, en Turquie, aux Philippines ou encore
en Égypte.
Devant cette nouvelle forme de
commerce, l’Organisation mondiale pour la Santé (OMS) vient d’annoncer
une série de dispositions afin que chaque Etat-membre accède, dans ce
domaine, à l’autosuffisance. Mais, pour parvenir à cette autosuffisance
nationale, il faut augmenter le nombre de donneurs potentiels et donc
mettre en place un système qui permettrait aux équipes chirurgicales de
savoir, dans les plus brefs délais, si elles peuvent ou non prélever un
ou plusieurs organes.
Ainsi, le 30 mai dernier, la
Commission européenne a proposé la création d’une carte de donneur
d’organes pour que chacun puisse faire connaître ses volontés avant de
mourir. La France a elle créé un registre national et informatisé des
personnes refusant un tel prélèvement. Néanmoins, ce registre ne
dispense pas les chirurgiens de demander le consentement des proches
avant d’effectuer un prélèvement.
Jean-Yves Nau semble
regretter la prudence de la France, qui limite le nombre de donneurs
potentiels. |