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Alors
que la Haute autorité de santé (HAS) va recommander au
ministère de la santé une modification du cadre réglementaire pour autoriser un
dépistage plus précoce de la trisomie 21
(cf revue de presse du 06/06/07), la Fondation Jérôme Lejeune* a
souhaité réagir.
"La Fondation
Jérôme Lejeune dénonce cette recommandation et la volonté d'éradication
des trisomiques qu'elle signifie." Si cette nouvelle méthode entraîne
moins d'amniocentèse, pourquoi pas" dit la Fondation Jérôme Lejeune
mais : "les auteurs de l'étude ne s'en cachent pas : le but est de
recommander un dépistage plus précoce, lors du 1er trimestre de la
grossesse pour faciliter l'interruption médicale de grossesse de
l'enfant porteur de trisomie 21". Il s'agit de "rendre plus
performant le dépistage et donc le taux d'IMG/enfant trisomique conçu",
explique-t-elle et de mieux traquer les personnes trisomiques et "la
mise en œuvre de ce dépistage serait assortie d'un programme d'assurance
qualité, reposant sur un contrôle qualitatif (grilles, scores) et
quantitatif (suivi des statistiques au niveau régional et national).
Afin de réduire au maximum ce fameux taux d'échappement dont parlent nos
organismes de santé pour désigner les enfants trisomiques qui sont
passés à travers les mailles du filet."
Elle dénonce la
"tolérance zéro" pour l'enfant
différent et rappelle que chaque année l'Etat dépense
"100 millions d'euros
pour le dépistage prénatal". En France "98 % des enfants
trisomiques dépistés in utero sont avortés" et pour "la Cour de
cassation, l'enfant trisomique est un préjudice moral, esthétique et
financier".
La Fondation Jérôme Lejeune
juge que ce " racisme chromosomique" est odieux comme toutes les
formes de racisme. Elle en appelle aux décideurs : "Ne prenez pas les
femmes en otage, ne faites pas la police de leur ventre. Si elles
avortent, c'est bien souvent parce qu'elles n'ont pas le choix de garder
leur enfant handicapé, de le faire prendre en charge, de le soigner, de
pouvoir rêver à un avenir pour lui...".
La Fondation Lejeune
s'interroge : "qui arrêtera la machine emballée ?" Elle explique
que les parents de ces enfants attendent de l'Etat non une politique de
dépistage mais une "recherche à visée thérapeutique" : "quel
patient accepterait que tous les efforts de recherche publique soient
investis pour mieux l'éliminer de la scène ? On ose cette politique
parce qu'ils sont handicapés mentaux et ne peuvent pas se défendre. Qui
entendra leur cri ?", ajoute la Fondation.
Heureusement, conclut-elle "il
y a quand même quelques équipes pionnières qui cherchent à guérir ces
enfants. Dans le monde. Mais peu en France (...) Mais on aimerait en
entendre parler plus souvent."
Consulter en
ligne
le communiqué de presse de la Fondation Jérôme Lejeune
*La Fondation
Jérôme Lejeune est le 1er financeur en France de la recherche sur la
trisomie 21. Elle finance chaque année 100 programmes de recherche dans
le monde pour 2 millions d'euros. C'est aussi le 1er centre de
consultation médicale spécialisée pour les maladies génétiques de
l'intelligence (4000 patients)
www.fondationlejeune.org
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