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L’Institut
national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes) a publié,
mardi 5 juin, une étude sur « Les Français et la contraception ».
Nathalie Bajos, socio-démographe
à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm),
souligne le « paradoxe contraceptif français » révélé par cette
étude : malgré un taux d’utilisation des contraceptifs les plus élevés
d'Europe, la France affiche un taux annuel de 200 000 avortements. La
moitié des femmes qui ont avorté utilisent un contraceptif efficace.
Les méthodes contraceptives se
sont effectivement multipliées ces dernières années - implants, patchs,
anneaux contraceptifs – venant compléter la gamme déjà constituée des
préservatifs, pilules et stérilets. De plus, la pilule du lendemain est
désormais délivrée sans ordonnance.
Ce « paradoxe » s’explique
d’abord, pour les auteurs de l'étude, par une mauvaise utilisation des
contraceptifs. Par exemple, 5% des personnes ignorent le délai
d’utilisation de la pilule du lendemain.
Il s’explique ensuite par le fait
que 60% des grossesses non désirées se terminent par un avortement,
contre 40% il y a quelques années. Une grossesse non prévue est de moins
en moins bien acceptée.
En 2004, un groupe de travail
présidé par le Dr Yves Le Noc, avait fait part de ses recommandations
pour « améliorer les stratégies de choix de contraception ». Le
Dr Le Noc souhaite ainsi que soit présenté aux femmes « l’éventail de
toutes les méthodes de contraception ». D’après lui, la « pression
de l’industrie pharmaceutique » exercée au bénéfice de pilules « nouvelle
génération » non remboursées, associée à une « médicalisation
excessive de la contraception » constituent des « freins » à
une bonne utilisation des moyens de contraception. |