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Le
Comité consultatif national d'éthique (CCNE) vient de rendre public son
avis : "Biométrie, données identifiantes et droits de l'homme".
Alors que les mécanismes d'identification se multiplient (empreintes
génétiques, empreintes digitales numérisées, reconnaissance de l'iris,
de la voix...), le CCNE s'est autosaisi de la question : "quel est le
prix à payer pour rendre la vie plus sûre ?", "quel est notre
dernier espace de liberté par rapport à cette intrusion omniprésente ?".
Aujourd'hui
élargi à toute personne soupçonnée d'avoir commis un délit, le fichier
d'empreinte génétique français compte près de 500 000 données. En
Angleterre, le comité Nuffield de bioéthique se demande s'il ne faudrait
pas prélever l'ADN de tous les nouveau-nés.
Cette
généralisation du recueil d'informations personnelles est d'autant plus
menaçante que leur confidentialité est illusoire. Ces données pourraient
dès lors être utilisées pour identifier telle ou telle minorité,
détournées à des fins politiques, entraîner des discriminations...
Paradoxalement, "plus les moyens offerts par la science et la
médecine sont puissants, plus ils tendent à faire exploser ce qui est de
l'ordre de la protection de la personne", souligne le Pr Jean-Claude
Ameisen.
Face à la
banalisation de cette généralisation, le CCNE recommande la mise en
place de contre-pouvoirs. Il plaide pour "un contrôle étroit, placé
sous la responsabilité des autorités judiciaires et de la Cnil, de tout
recours systématique à des identifiants communs, et une interdiction de
l'interconnexion des fichiers", ainsi que pour la création d'une
autorité chargée d'"établir avec précision la liste des conditions
dans lesquelles ces techniques ne devraient en aucun cas être utilisées".
Le CCNE insiste
largement sur la nécessité d'un débat publique sur ces questions, "car
la société au nom du paradigme sécuritaire s'habitue à l'usage de ces
marqueurs et chacun accepte avec quelque indifférence d'être fiché,
observé, repéré, sans souvent même en avoir conscience".
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