L'Express
revient sur l'annonce faite par l'équipe du biologiste Craig Venter (cf.
Synthèse de presse du 29/06/07) qui a réussi à transférer le génome
entier d'une espèce de bactérie dans le cytoplasme d'une autre espèce de
bactérie préalablement vidée de son génome. "Une sorte de clonage
moléculaire qui ouvre la voie à la synthèse de génomes artificiels
entiers."
En plein essor,
la "biologie synthétique" a pour objectif de "réinventer la vie",
c'est-à-dire de créer des formes vivantes qui n'existent pas dans la
nature. "On est passé de la lecture de l'ADN à son écriture",
explique Craig Venter. Entre génétique et chimie, la biologie
synthétique pourrait, selon ses promoteurs, "sauver la planète",
"pallier les effets du réchauffement climatique" ou encore "guérir
la plupart des maladies" en produisant des médicaments, des produits
chimiques, des carburants...
Mais, souligne
l'hebdomadaire, "cette technologie balbutiante présente également des
risques à la mesure de ses ambitions". Pourra-t-on empêcher la
fabrication, par exemple, de virus inconnus ? A priori non. Et ce,
d'autant moins que "les recherches, essentiellement financées par des
intérêts privés, échappent au contrôle des gouvernements et des
organisations internationales", regrette Pat Mooney, directeur d'ETC
Group (association de bioéthique qui milite contre le brevetage du
vivant et pour un moratoire sur la biologie synthétique).
Tentant
d'échapper encore à des législations trop contraignantes qu'ils se
verraient imposer, les chercheurs ont eux-mêmes établi, en 2006, un
"code de bonne conduite" pour surveiller les molécules synthétiques
fabriquées à partir de séquences d'ADN. Cette disposition ne devrait
pour autant pas empêcher la tenue d'un débat public...