Le
ministre de l'Education nationale, Xavier Darcos, est revenu sur sa
décision de ne pas financer le matériel nécessaire à la diffusion du
film 4 mois, 3 semaines et 2 jours de Christian Mungiu. "Devant
les insinuations sur l'influence des groupes anti-avortement sur le
ministère, Darcos a préféré couper court", analyse Libération.
Histoire d'un
avortement clandestin dans la Roumanie de Ceausescu, 4 mois, 3
semaines et 2 jours avait reçu la Palme d'or de l'édition 2007 du
Festival de Cannes et le Prix de l'Education nationale (cf.
Synthèse de presse du 31/05/07). Créé en 2003 par Christine
Juppé-Leblond, inspectrice générale chargée du cinéma et de
l'audiovisuel, ce Prix est décerné par un jury composé de deux
professionnels du cinéma, six enseignants et deux étudiants à un film
pour ses qualités artistiques, sa dimension culturelle et sociale et son
potentiel éducatif. Chaque film primé est passé en DVD pour être diffusé
dans les établissements scolaires.
Ayant constaté
"la dureté délibérée" de ce film, le ministre avait d'abord pensé
appliquer le "principe de précaution" et ne pas le diffuser dans
les classes. "Parmi les élèves qui pourraient être amenés à voir le
film et le DVD, il y a forcément des jeunes filles qui ont subi un
avortement. Il ne faut pas prendre le risque de faire remonter chez
elles un traumatisme", expliquait-il.
L'association
Choisir la vie avait, elle, émis "les plus grandes craintes et
réserves quant à l'usage qui serait fait de ce film, à des fins
faussement qualifiées de pédagogiques, par des enseignants désireux de
souligner le droit que constitue l'avortement plutôt que d'en révéler la
vraie qualification d'atteinte à la vie auprès de leur jeune public".
Pour Virginie Raoult-Mercier, chargée de communication de l'association,
le problème est que le film "laisse entendre qu'il n'existe pas de
société libre sans avortement".
Xavier Darcos
devrait toutefois attendre l'avis de la Commission nationale de
classification, au cas où le film serait interdit aux moins de 12, 14 ou
16 ans, avant de donner son feu vert définitif.