Le
Cardinal O'Brien, archevêque de St Andrew et d'Edinbourg, a publié une
longue lettre dans le journal The Scotsman, pour demander au
premier ministre anglais Gordon Brown de revenir sur la loi sur
l'avortement, de prendre la défense de la vie humaine et d'ouvrir un
grand débat national sur le sujet.
Il
demande à Gordon Brown de faire ce que son prédécesseur, Tony Blair n'a
pas fait, c'est à dire réduire le délai limite de l'avortement.
Rappelons qu'en Grande-Bretagne, il est possible d'avorter jusqu'à la
24ème semaine de grossesse. Des chiffres publiés en mai dernier montrent
qu'en Ecosse on est passé de 12 603 avortements en 2005 à 13 081 en
2006.
Il
y a quelques semaines, la British Medical Association (BMA) a fait
savoir qu'elle estime que dans les 3 premiers mois de grossesse,
l'avortement doit être considéré comme un traitement comme un autre et
qu'il ne doit pas nécessiter l'accord de 2 médecins
(cf revue de presse du 28/06/07).
Le
cardinal O'Brien avait déclenché une controverse le mois dernier en
déclarant que les hommes politiques catholiques ne pouvaient pas accéder
à la communion s'ils s'étaient déclarés en faveur de l'avortement. Il
avait aussi comparé les chiffres de l'avortement en déclarant "nous
tuons l'équivalent d'une classe d'écoliers chaque jour".
Répondant
aux critiques de ceux qui l'accusent de se mêler d'un débat politique,
il rappelle que "l'avortement n'est pas du domaine politique ou
médical même si ces sphères sont aussi concernées. Il s'agit de morale
et de destruction de la vie humaine". C'est une "question de
conscience".
Le
cardinal O'Brien conclut "je crois que le temps est venu d'un large
débat dans ce pays sur l'avortement. Il ne doit pas être dominé par des
élites politiques, des professionnels médicaux, des leaders religieux ou
des groupes de pression mais doit être ouvert à tous".
Il
se réjouit des efforts du premier ministre anglais en faveur des enfants
du Darfour mais il nous met face à nos responsabilités : la compassion
vis à vis des enfants qui meurent de faim au Darfour ou en Erythrée est
hypocrite si l'on ignore les besoins des bébés à naître à Dunfermline ou
Edinburgh. Ceux-ci sont condamnés par l'avortement à voir leur vie
écourtée aussi sûrement que s'ils étaient pauvres et malnutris à l'autre
bout du monde.