Le
père d'un enfant non désiré, Benoît, a attaqué en justice Anne-Marie, la
mère, pour "faute". Il ne voulait pas de cet enfant ; il pensait qu'elle
prenait la pilule.
Benoît parle d'un "désastre", décrit "une ruse
machiavélique", se sent "piégé". Selon lui, les femmes ont le
"pouvoir exorbitant "de choisir si elles font des enfants ; elles
ont une "responsabilité accrue"."J'ai le droit de disposer de
ma vie familiale ou non", argumente-t-il.
En 1993,
Anne-Marie assigne Benoît en justice pour une reconnaissance de
paternité que la justice reconnait en 2000. Il est condamné alors
à verser 304 euros par mois de pension alimentaire.
Le 21 mars
2006, la Cour d'appel d'Orléans statue que "le simple fait de devenir
père, même sans l'avoir recherché, ne saurait être considéré comme un
fait dommageable". "Tout homme qui accepte des rapports non
protégés encourt [...] la possibilité d'une procréation." Et la Cour
le condamne à 10 000 euros de dommages et intérêts.
La Cour de
Cassation doit se prononcer prochainement.
Depuis cette
aventure en 1991, Benoît, déjà père de plusieurs enfants, s'est marié et
a eu un garçon.
Dans
Libération, Eric Zemmour, journaliste et auteur du "Premier Sexe"
remarque que l'arrivée de "la pilule a tout changé". Il constate
que "les hommes ont cessé de faire attention tandis que les femmes
ont lancé ce slogan qui me scandalise : "Notre ventre nous appartient",
ce qui revient à dire qu'elles ont un droit de vie et de mort sur leurs
enfants". Il observe "qu'aujourd'hui, les femmes s'affolent
sous la pression de l'horloge biologique et font des enfants dans le dos
des hommes et l'homme de se comporter comme la femme et de se poser en
victime".
Maya Surduts,
du Collectif pour les droits des femmes note que "la contraception
reste le domaine exclusif de la femme alors que c'est une contrainte
énorme". Elle dénonce l'attitude des hommes qui "s'il y a une
grossesse estiment qu'ils se sont fait avoir". "Il serait quand même
temps qu'ils fassent preuve d'un peu plus de maturité". "En réalité, les
hommes veulent enfermer les femmes dans la procréation et pourtant, au
fond, ils leur reprochent ce pouvoir de donner vie", conclut-elle.