Pour
le Professeur Paul Devroey de l'Université libre de Bruxelles et
président de la Société européenne de reproduction et d'embryologie
humaine, l'Union européenne doit se doter de règles pour régir l'accès
aux "traitements" de l'infertilité. Ces règles réduiraient les
inégalités existantes entre les pays membres qui encouragent, d'après
lui, le "tourisme reproductif".
La congélation
d'embryons, le don d'ovules et la sélection d'embryons pour des maladies
non héréditaires, par exemple, sont interdites en Allemagne et en
Italie, "forçant" ainsi les couples qui "en ont besoin" à
se rendre en Grande-Bretagne, en Espagne ou encore en Belgique. En
Allemagne et en Italie, chaque embryon créé doit être réimplanté alors
qu'en Grande-Bretagne ou dans les pays scandinaves, seulement un ou deux
embryons peuvent être réimplantés, les autres étant congelés ou utilisés
pour la recherche.
Le Professeur
Devroey souhaite que l'Europe garantisse le "droit" à la reproduction et
l'accès, pour tous, aux techniques de reproduction assistée. Il est,
d'après lui, nécessaire que la Commission européenne et le Parlement
tentent d'harmoniser les législations de chaque Etat membre. Ces lois
devront notamment assurer que la procréation médicalement assistée soit
"sans risque, constructive et remboursée".
Plusieurs pays,
comme la Belgique et le Royaume-Uni, ont, dans ce domaine, une approche
très "libérale et rationnelle", contrairement à d'autres qui "ne
tiennent pas compte des avancées scientifiques".
Le Professeur
Bill Ledger de l'Université de Sheffield, déclare partager les opinions
du Professeur Devroey : "il est vrai que plusieurs pays ont des lois
très restrictives qui nuisent aux patients".