La
haute autorité britannique pour la fertilisation et l'embryologie
humaine (HFEA) a autorisé, dans un avis publié mercredi 21 février,
les dons d'ovocytes à des fins de recherche (cf.
synthèse de presse du
19/02/07). Jusqu'à présent, les dons d'ovocytes n'étaient permis
que dans le cadre d'assistance médicale à la procréation (AMP).
Désormais, les dons d'ovocytes serviront aussi à créer des embryons
pour la recherche sur les thérapies cellulaires et la médecine
régénératrice. Pour Angela McNAb, directrice de la HFEA, "il ne
revenait pas à l'Etat britannique d'interdire le don d'ovocytes à
des fins scientifiques après avoir autorisé celui à des fins de
procréation".
Cette
nouvelle disposition prévoit un dédommagement estimé à 370 euros.
Selon Angela McNab, "Il n'a jamais été question de paiement des
femmes volontaires pour le don d'ovocytes".
Plusieurs
personnes se sont déjà élevées contre ce défraiement qui pourrait "conduire
des femmes de milieux défavorisés à trouver une forme de
rémunération". Donna Dickinson, professeur d'éthique médicale à
l'université de Londres, s'inquiète de ce que cette mesure "transforme
clairement les ovules en objet de négoce".
En France,
où le don d'ovocytes est autorisé dans le cadre d'une AMP,
l'indemnisation des donneuses pourrait être autorisée lors de la
prochaine révision de la loi de bioéthique. D'après René Frydman,
chef du service de gynécologie-obstétrique à l'hôpital
Antoine-Béclère (Clamart), du fait de la "pénurie"
d'ovocytes, de l'âge moyen de la première grossesse de plus en plus
élevé et des "unions successives" qui "aboutissent
fréquemment à des désirs d'enfants autour de la quarantaine", "la
position française, qui interdit toute forme de dédommagements, doit
être revue".