Après
le referendum du week-end dernier sur la dépénalisation de
l'avortement au Portugal, la loi devrait être modifiée
(cf revue de presse du 12/02/07). Ce sera le travail d'une commission
parlementaire, réunissant des représentants de tous les partis pour
mettre au point les conditions de la légalisation de l'avortement
dans les dix premières semaines de grossesse. Diverses questions
devraient être abordées : Y aura-t-il un temps de réflexion pour les
femmes? La consultation de plusieurs médecins sera-t-elle
obligatoire? etc...
L'évêque auxiliaire de
Lisbonne, Mgr Carlos Azvedo s'insurge : "la vie ne dépend pas d'un
referendum [...] Il est encore temps de faire du lobbying." "Comme le cadre de la loi reste à négocier, nous devons obtenir des
garanties pour que les femmes puissent être entourées, avant de
commettre un acte irrévocable", ajoute-t-il.
La loi devrait être ensuite
votée au Parlement pour entrer en application dès le second semestre
2007.
Mais si l'avortement est considéré comme un droit acquis
dans la plupart des pays européens, ces "mythes" commencent à
s'effondrer. Sa légalisation n'a pas
fait diminuer le nombre d'avortements et le binôme
échographie-avortement à la demande est une arme au service de
l'eugénisme. Par ailleurs, le Planning familial et les
groupes pro-choix nient toujours les répercussions psychologiques de
l'avortement pour la mère. Pourtant, une étude du Journal of
Child Psychology and Psychiatry de décembre 2006 fait le
lien entre 5 pathologies clefs (dépression grave, crise d'angoisse,
idées de suicide, dépendance à l'alcool ou à la drogue) et des
femmes ayant avorté. Enfin, dans certains pays, des dispositions ont
été prises pour corriger certains types d'avortement : en Inde, par exemple, une loi interdit aux
échographistes de révéler le sexe de l'enfant pour éviter le foeticide
féminin ; aux Etats-Unis, 4 Etats attendent que l'arrêt Roe vs
Wade soit cassé pour que l'avortement soit aboli dans leur Etat ; au
Nicaragua, en Colombie ou au Chili des restrictions ont été prises
ces derniers mois. Enfin, des pays européens, comme l'Irlande, la
Pologne ou Malte interdisent
l'avortement. A Malte, le gouvernement vient d'ailleurs de rappeler
qu'il ne céderait pas à la pression de l'Union Européenne pour
légaliser l'avortement. A Monaco, l'avortement aussi est interdit.