Au
Chili, le mois dernier, le gouvernement a autorisé la distribution
de la pilule du lendemain après plusieurs mois de controverse. Le 12
janvier, la Cour constitutionnelle chilienne en a décrété la
suspension, estimant qu'on ne pouvait pas prendre cette décision par
simple mesure administrative et sans décret présidentiel ni loi du
Parlement. Mais le gouvernement vient d’annoncer qu’un prochain
décret du Président serait en mesure de palier cette insuffisance
soulevée par les juges. Les évêques avaient combattu ce programme,
rappelant les effets abortifs de la pilule et dénonçant le fait
qu’elle puisse être distribuée aux jeunes filles de 14 ans sans
autorisation parentale.
Pour les partisans de la pilule du lendemain, le médicament
permettrait de diminuer le taux d’avortements alors que d’après
plusieurs sources, il n’en n’est rien. "Malgré l’évidente
augmentation de l’utilisation de la contraception d’urgence au
Royaume-Uni, le taux d’avortement n’a pas diminué", expliquait
le British Medical Journal récemment, chiffres à l’appui. Le
même constat a été publié dans des revues américaine, espagnole, ou
écossaise. Cette dernière a expliqué que le terme "contraception"
est insuffisant pour décrire de manière exhaustive les effets de la
pilule du lendemain. Elle peut agir en empêchant l’implantation de
l’embryon sur la paroi utérine, qui a lieu 7 jours après la
conception.
Par ailleurs, cet article rappelait que peu de recherches
avaient été faites sur les conséquences de la pilule sur la santé
des femmes. Quelques effets négatifs sont cependant connus comme le
déséquilibre du cycle menstruel, les convulsions et un risque plus
élevé de grossesses extra-utérines.
Dans un article du Concours Médical du mois de
janvier, Didier Sicard, président du Comité consultatif national
d’éthique (CCNE) répond à un médecin pour qui la prescription de la
pilule du lendemain, par son côté abortif, est contraire au serment
d’Hippocrate. Didier Sicard reconnaît qu'il "a raison", "au
sens strict physiopathologique du terme". "C’est aussi le cas
pour la mise en place d’un stérilet, qui empêche la nidation mais
pas la fécondation", ajoute-t-il. Cependant, "c’est le rôle
du médecin de venir en aide sans porter de jugement moral",
conclut-il.