La
féministe
Yvonne Knibiehler publie un livre
intitulé "Repenser la maternité". Selon elle, le féminisme a
en effet longtemps ignoré la maternité qui, pourtant, reste "un
enjeu central de l'identité féminine". "Le féminisme doit
repenser la maternité : tout le reste lui sera donné par surcroît".
"Je
n'ai pas trouvé beau d'être enceinte ni d'accoucher. Ce que j'ai
trouvé en revanche miraculeux, c'est la rencontre avec ce petit être
qui, dès les premières heures de sa vie, exprime combien il est
humain", témoigne-t-elle. C'est en cela qu'Yvonne Knibiehler dit
avoir longtemps été en désaccord avec Simone de Beauvoir pour qui la
maternité était "un obstacle à la vocation humaine de
transcendance".
Pour Yvonne
Knibiehler, s'il est essentiel que la liberté de donner ou non
naissance à un enfant soit reconnue légalement, il faut aussi que
cette liberté soit doublée d'une liberté psychologique. Elle cite
l'exemple des Pays-Bas qui, tout en ayant une des lois les plus
permissives sur l'avortement, affiche le taux d'avortement le plus
bas du monde. A contrario, la France comptabilise un nombre
d'avortements "anormalement élevé". Selon Yvonne
Knibiehler, cette tendance s'explique par le fait que l'on
n'avertisse pas suffisamment les femmes qu'avorter est "une
épreuve physique et morale".
"Tant
que l'IVG restera pour les femmes un symbole de libération, elles la
subiront sans protester, si désagréable soit-elle. Et il en va de
même pour la contraception. Les produits dont les femmes ont besoin
pour maîtriser leur fécondité sont fabriqués par des multinationales
dirigées par des hommes, lesquels se soucient beaucoup plus des
profits de ces fabrications que de la libération des femmes."
Yvonne
Knibiehler ajoute que le nouveau féminisme devra aussi aider les
femmes à être mères quand elles le souhaitent. "Le féminisme,
c'est l'autre face trop longtemps cachée de l'humanisme, doctrine
qui prône l'épanouissement de la personne humaine. Car il se trouve
que la personne humaine est sexuée."