Le
3ème congrès mondial contre la peine de mort s'ouvre aujourd'hui à
Paris, alors que 69 pays la pratiquent encore. Ce congrès
mondial s'est donné pour objectif son "abolition universelle"
ce qui paraissait illusoire il y a peu. Toutes les démocraties ont
cessé leurs exécutions à l'exception du Japon et des Etats-Unis.
En 1981, la
France abolissait la peine de mort. "Un pays épris de libertés ne
peut, dans ses lois, conserver la peine de mort", déclarait à
l'époque Robert Badinter lors de sa plaidoirie contre cette
pratique. Pour lui, il s'agissait d'une question de principe.
Aux
Etats-Unis, de récents événements ont suspendu des exécutions en
Californie et en Floride. Deux médecins ont refusé d'assister
les "bourreaux" lors d'exécutions par injection mortelle.
Cette méthode, mise au point en 1977, afin "d'humaniser" les
exécutions est aujourd'hui pratiquée dans 38 Etats. Leonard
Rubenstein, directeur de l'ONG Physicians for Human Rights, se
félicite de cette rébellion : "Plusieurs formes d'exécution,
comme la pendaison, la chambre à gaz et la chaise électrique ont été
éliminées par nombre d'Etats au fil des ans, après avoir été
considérées comme des traitements cruels ou inhabituels, interdits
par la Constitution. Maintenant c'est au tour de l'injection
mortelle". Il estime que ce mouvement va faire baisser le nombre
d'exécutions aux Etats-Unis.
Depuis
plusieurs années, des Etats réclament la présence de médecins ou de
personnels de santé lors des exécutions pour prévenir les erreurs
des bourreaux qui n'ont pas de formation médicale.
Dans
certains Etats, la loi protège les médecins d'éventuelles sanctions
en protégeant leur anonymat. "De plus en plus d'Etats se rendent
compte qu'on ne peut pas médicaliser une exécution sans enfreindre
l'éthique médicale", explique Leonard Rubenstein. Il conclut en
affirmant que "l'injection létale finira sans doute par être
abandonnée par ces juridictions [...] mais ce n'est certainement pas
aux médecins de suggérer des alternatives".