Jean-Yves
Nau rappelle que la fin de cette année 2007 est marquée par de
nombreuses publications concernant les cellules souches embryonnaires et
adultes. Pour lui, la maîtrise croissante de leur culture et de leur
différenciation, la déprogrammation de cellules de peau en équivalent de
cellules souches embryonnaires
(cf Synthèse de presse du 21/11/07) ainsi que l'association de la
thérapie cellulaire à la thérapie génique nous laissent espérer une
avancée prochaine en matière de thérapie et d'essais cliniques.
Au niveau de la
France, le journaliste rappelle que de nombreuses entreprises
s'intéressent à ce qui pourrait devenir un "nouvel Eldorado de la
thérapeutique". Elles organisent régulièrement des rencontres entre
chercheurs, responsables et journalistes. Le dernier en date avait pour
thème : "la thérapie cellulaire". A cette occasion, un bilan du
fonctionnement de la recherche sur les cellules souches embryonnaires
autorisée en France depuis 3 ans a été dressé par Carine Camby,
directrice de l'Agence française de biomédecine. Elle a rappelé qu'"une
quarantaine d'autorisations ont été délivrées pour environ 35 équipes
travaillant actuellement sur des lignées de cellules souches
embryonnaires". Elle a précisé que "ces autorisations étaient
toujours délivrées dans le respect des conditions posées par la loi,
conditions dont la justification n'est pas toujours aisée."
Pour cela,
rappelons que les équipes doivent justifier de "progrès
thérapeutiques majeurs". Dans ce cadre, Carine Camby explique que
"la jurisprudence du Conseil d'orientation de l'Agence de biomédecine
interprète de façon assez extensive les conditions édictées par le
législateur".
Le deuxième
critère porte sur "l'absence d'alternative" à ces travaux.
Il semblerait que ce critère soit discutable : "le travail du Conseil
d'Orientation de l'Agence de biomédecine porte donc essentiellement sur
la pertinence scientifique du projet de recherche" explique Carine
Camby.
Enfin, d'un
point de vue éthique, Jean-Yves Nau rappelle que l'Agence réalise un
examen des conditions d'importation des lignées de cellules souches. Les
autorisations porteraient principalement sur l'importation de lignées
existantes et non sur la création de nouvelles lignées. Carine Camby
explique que l'Agence de biomédecine réfléchit à la mise en place d'une
"plateforme technique d'échange permettant de mettre les lignées à
disposition des équipes de recherche avec des standards de qualité
minimaux et une certification éthique de leur provenance". Pour
l'instant, aucune date n'est avancée pour la création de cette
"Banque de France des cellules souches".