La
5ème Journée Nouvelles Structures s'est déroulée le 17 décembre
au CNIT à La Défense (Paris). Elle était organisée par l'Inserm d'Ile de
France. Marc Peschanski, directeur
d'I-Stem, spécialisé dans la recherche sur les cellules souches
embryonnaires humaines, intervenait sur le thème "les cellules
souches embryonnaires, des outils pour la recherche thérapeutique".
Dans son
introduction, Marc Peschanski a précisé "je ne suis pas marié aux
cellules souches embryonnaires. J'essaie de faire de la thérapie avec
des cellules souches adultes aussi". "Les cellules souches adultes, de
façon démontrée et les cellules souches embryonnaires, de façon
théorique sont des outils thérapeutiques. Elles peuvent être imaginées
en tout cas, comme étant un outil thérapeutique", a-t-il précisé à
propos des cellules embryonnaires.
Revenant sur
les cellules souches embryonnaires, il a expliqué leur capacité
d'auto-renouvellement et de différenciation. Il travaille sur des
embryons de 5 jours 1/2 à 7 jours 1/2 qui sont au stade blastocyste de
40 à 60 cellules.
Il a souligné
le partenariat direct de l'Inserm avec l'Association française contre
les myopathies, pour la création d'I-Stem.
Il a expliqué
ensuite les difficultés logistiques pour travailler sur les cellules
fœtales obtenues sur des fœtus issus d'interruption volontaire de
grossesse (IVG) : les avortements doivent être pratiqués de façon
particulière avec des contrôles des centres de thérapie cellulaire ; les
cellules doivent être délivrées dans les 24h ; ce qui suppose un
dispositif lourd, elles ne peuvent être congelées et ne sont disponibles
qu'en quantité limitée.
De là, sa volonté de
travailler sur des cellules embryonnaires. Aujourd'hui, les travaux
portent principalement sur la nécessité de maîtriser leur prolifération
afin d'éviter les tumeurs et leur différenciation pour obtenir les
cellules que l'on souhaite. "Trois équipes chez nous travaillent
actuellement sur ces cellules embryonnaires : Anselme Perrier, Michel
Pucéat et Christelle Monville."
Marc Pechanski
regrette que l'article
L. 2151-5 de la loi de bioéthique de
2004 stipule que "les recherches peuvent être autorisées sur
l'embryon et les cellules embryonnaires lorsqu'elles sont susceptibles
de permettre des progrès thérapeutiques majeurs et à la condition de ne
pouvoir être poursuivies par une méthode alternative d'efficacité
comparable en état de connaissances scientifiques."
Pour lui, on insiste beaucoup
trop sur l'aspect "thérapeutique" de ces recherches sur les
cellules embryonnaires, car précise-t-il : "il faut démontrer
l'utilité thérapeutique ce que personne aujourd'hui n'est capable de
faire".
M. Peschanski a aussi évoqué les
cellules provenant des embryons obtenus par dépistage pré-implantaoire
(DPI) dont il souhaite faire des lignées pour explorer leurs mécanismes
et éventuellement faire du criblage à haut débit.
Décrivant le fonctionnement de
I-Stem, Marc Pechanski a rappelé que l'établissement avait été lancé le
1er janvier 2005. Aujourd'hui 70 personnes y travaillent et le but est
d'atteindre 150 personnes. Il souhaite y accueillir des équipes
académiques et des équipes d'industriels qui pourraient utiliser leurs
ressources.
Aujourd'hui il est impossible
pour les industriels d'avoir accès aux cellules embryonnaires. I-Stem
leur offre cette possibilité.