Des
chercheurs de l'université de Milan viennent de mettre au point une
nouvelle stratégie pour lutter contre la myopathie de Duchenne, cette
maladie héréditaire caractérisée par une dégénérescence musculaire.
Les travaux de
l'équipe d'Yvan Torrente permettraient de reconstituer les muscles des
malades en associant les thérapies géniques et cellulaires. L'approche
génique permet de réparer les cellules du patient et l'approche
cellulaire d'apporter de nouvelles cellules musculaires fonctionnelles,
prélevées chez un donneur sain.
Luis Garcia,
cosignataire de l'étude italienne, explique les avantages et les
inconvénients de chacune des 2 méthodes : "la myopathie de Duchenne
est une maladie évolutive. Les muscles des patients se dégradent
progressivement et, à partir d'un certain stade, la thérapie génique ne
leur est plus d'aucun secours car il n'y a plus assez de cellules
musculaires à corriger dans leur organisme. La thérapie cellulaire est
alors une meilleure option car elle permet de régénérer leurs tissus
musculaires. Cependant, l'utilisation de cellules de donneurs sains est
associée à un risque de rejet". D'où l'idée d'associer les 2
thérapies : "en corrigeant les cellules des malades ex vivo, on
pourrait les traiter [les malades] avec leurs propres cellules"
expliquent les auteurs de l'étude.
Dans l'étude
publiée aujourd'hui par la revue Cell-Stem Cell, Benchaouir et
coll. expliquent comment ils ont prélevé des cellules isolées à partir
du sang et du muscle de patients atteints de la myopathie de Duchenne.
Ils y ont alors rétabli la synthèse de molécules de dystrophine
fonctionnelle, puis ils ont administré les cellules corrigées à des
souris malades. Les chercheurs ont constaté une régénération de la
fibre, associée à une amélioration significative de la fonction et de la
force musculaire.
Pour les
chercheurs "les deux approches, thérapie génique seule et thérapie
génique combinée à la thérapie cellulaire, ne sont pas exclusives :
selon l'âge et l'état du patient, on pourra choisir l'une ou l'autre des
deux stratégies, ou même associer les deux", concluent-ils.