Dans
le quotidien La Croix, le sénateur honoraire Claude Huriet
revient sur la décision de Ian Wilmut, "le père de la brebis Dolly",
d'abandonner ses recherches sur le clonage, au profit de la production
de cellules souches sans embryon
(cf Synthèse de presse du 19/11/07),
s'inspirant ainsi des travaux du Pr Yamanaka. Rappelons que ce dernier
à réussi à
transformer des cellules de peau en cellules pluripotentes,
c'est à dire capables
de se transformer en tout type de cellules du corps humain.
(cf Synthèse de presse du 21/11/07).
L'existence de cellules souches
adultes dans l'organisme est connue depuis 1998. La présence de ces
cellules souches dans le système nerveux central et leur capacité de
transdifférenciation avait été contestée par les tenants "à tout prix"
des cellules souches embryonnaires.
Le sénateur s'interroge
aujourd'hui pour savoir si les récentes découvertes de Yamanaka et les
perspectives qui en découlent vont modifier les dispositions qui
régissent "la recherche sur l'embryon et les cellules embryonnaires".
L'article L. 2151-5 est ainsi rédigé : "La recherche sur l'embryon
humain est interdite (...). Par dérogation au premier alinéa, et
pour une période limitée à 5 ans (...), les recherches peuvent
être autorisées sur l'embryon et les cellules embryonnaires lorsqu'elles
sont susceptibles de permettre des progrès thérapeutiques majeurs et à
la condition de ne pouvoir être poursuivies par une méthode alternative
d'efficacité comparable en état de connaissances scientifiques."
En janvier 2006, le député
Pierre-Louis Fagniez, suggérait "de passer d'un régime dérogatoire à
un régime d'autorisation des recherches sur les cellules souches
embryonnaires", considérant que le critère d'autorisation des
recherches "susceptibles de permettre des progrès thérapeutiques
majeurs" n'était plus nécessaire.
La décision de Ian Wilmut remet
en cause cette affirmation. Il existe 3 possibilités d'évolution de cet
article :
- la non reconduction du moratoire de 5
ans, confirmant ainsi l'interdiction ;
- l'autorisation définitive de
l'utilisation des embryons ;
- la prorogation du moratoire pour 5
ans pour voir si les perspectives découlant des découvertes de Yamanaka
se confirment et ouvrent une alternative "socialement plus
acceptable", selon Ian Wilmut, à l'utilisation des cellules
embryonnaires humaines.
En novembre 1999, Ian Wilmut
affirmait : "la décision de développer certains axes de recherche ne
doit pas revenir aux seuls scientifiques (...). Notre
responsabilité en tant que scientifiques est d'expliquer au public les
différentes opportunités ouvertes par les différents axes de recherche
possibles. Selon moi, le plus grand risque est de passer à côté de
découvertes scientifiques primordiales", concluait-il.