En
France, chaque année, entre 3 000 et 5 000 femmes partiraient à l'étranger
pour avorter, après le délai légal. Rappelons que la loi du 4 juillet 2001 a porté de 10 à
12 semaines de grossesse le délai de recours à une interruption
volontaire de grossesse (IVG).
Dans les hôpitaux les médecins
résistent :
"Les dix-douze semaines, seuls les médecins militants acceptent de
les faire", souligne Fatima Belal, coordinatrice régionale Ile de
France du Planning familial.
En dehors des centres d'interruption de
grossesse, l'IVG tardive est considérée comme une
activité peu gratifiante par les médecins. Beaucoup font jouer leur
clause de conscience.
"La France a autorisé l'IVG mais n'a
toujours pas organisé de politique nationale de santé publique qui
conforterait et favoriserait son application", regrette Marie-Laure Brival, gynécologue-obstétricienne et présidente de l'Association
nationale des centres d'interruption de grossesse et de contraception (Ancic).
En Ile de France, beaucoup de praticiens
refusent de pratiquer les IVG : "s'il n'y a pas de rappel à l'ordre
des établissements par les directions régionales des affaires sanitaires
et sociales (Drass), la désorganisation peut être complète" explique
un gynécologue, président de l'Association régionale d'orthogénie du
Nord-Pas-de-Calais.
Du côté financier, le forfait pour une IVG
chirurgicale se monte à 250 euros. Pour les hôpitaux, c'est un acte
réalisé à perte. Roseline Bachelot, ministre de la santé, a d'ores et
déjà accepté une revalorisation de ce montant au 1er mars 2008. Elle a
aussi fait adopter l'extension de la pratique de l'IVG "médicamenteuse"
(autorisée jusqu'à 7 semaines de grossesse) aux centres de planification
et d'éducation familiale.
En France, 17,2% des femmes sexuellement actives
auraient recours à un avortement (IVG) au cours
de leur vie. La part des "IVG médicamenteuses" (42% en 2004) est en
constante augmentation.