Le
Royaume-uni vient d'être condamné par la Cour européenne des droits de
l'homme de Strasbourg pour avoir refusé à un détenu et à son épouse une
insémination artificielle.
Kirk
Dickinson, 35 ans, et son épouse, 49 ans, se sont connus en prison et se
sont mariés en 2001 après la libération de Mme Dickinson. Depuis, ils
réclament une insémination artificielle, car lorsque Mr Dickinson sera
libérable en 2009, Mme Dickinson sera trop âgée pour procréer.
Le Royaume-Uni
avait fait valoir que "la perte de la possibilité de concevoir des
enfants découle de la détention" mais la Cour a estimé que ce
"n'était pas inévitable" car l'insémination ne constitue pas une
charge importante pour l'administration. Londres indiquait également que
l'absence d'un parent pendant une longue période aurait un impact négatif pour l'enfant, ce
que la Cour a jugé "légitime" mais a estimé "que cela ne peut aller
jusqu'à empêcher les parents qui le désirent de concevoir un enfant [...]
d'autant que [Mme Dickinson] était en liberté et pouvait, jusqu'à
la libération de son mari, prendre soin de l'enfant".
La Cour a donc conclu que Londres
avait violé leur droit au respect de la vie privée et familiale et a
demandé que leur soient versés 5 000 euros pour dommage moral et 21 000
euros pour frais et dépens.