L'affaire
de Dominique et Sylvie, ce couple français qui a eu recours
à une mère porteuse américaine pour donner naissance à des jumelles (cf.
Synthèse de presse du 05/11/07),
relance le débat sur les mères porteuses.
Dans son courrier des lecteurs,
Libération reprend quelques réactions.
"Ce qui caractérise
notre époque, c'est l'incapacité des gens à renoncer à la satisfaction
de tous leurs désirs. Oui, c'est dur de ne pas avoir d'enfant, comme
c'est dur d'être handicapé ou autre... "
"On évite soigneusement de
parler des personnes concernées par le débat, à savoir les enfants.
Sachant que l'enfant à naître ressent déjà beaucoup ce que la mère
porteuse lui fait ressentir, plusieurs questions restent de côté. Cet
enfant va-t-il se sentir désiré ? Sa vie intra-utérine ne sera-t-elle
pas traumatisante ? Quelle sera sa réaction plus tard ? Par ailleurs, je
ne suis pas sûr que le processus psychologique enclenché par une
grossesse laisse la femme concernée complètement de marbre (...).
Tout ça n'est pas anodin et peut créer des troubles psychologiques,
comme pour les fausses couches ou les avortements."
"La souffrance ne justifie
pas tout... c'est un problème de droit ! On ne pourra jamais garantir
une gestation pour autrui (GPA). C'est une illusion de croire qu'on
signe un contrat, et neuf mois plus tard, hop, un bébé ! Je croyais que
depuis la contraception et l'avortement, la femme n'était plus une
machine à produire des bébés ! (...) La personne est hors de commerce !
Les organes, les bébés, le ventre des femmes ne sont pas à vendre !
(...)".
"La GPA pose un problème
éthique lourd de conséquence donné par l'article 16-5 du code civil :
"Les conventions ayant pour effet de conférer une valeur
patrimoniale au corps humain, à ses éléments ou à ses produits, sont
nulles." Le corps humain n'est pas une marchandise ! La GPA n'est
finalement rien d'autre que la marchandisation du corps. L'autoriser
serait ouvrir la boîte de Pandore.".
"Pourquoi ne pas adopter ?
Pourquoi vouloir un enfant de son sang à tout prix ? La souffrance des
couples ne justifie pas tout !"
Le Sénat se propose de
réfléchir au problème de la maternité pour autrui. Nicolas About,
président de la commission des affaires sociales, et Jean-Jacques Hyest,
président de la commission des lois, proposeront cette semaine aux
sénateurs qui en sont membres, la création d'un groupe de travail commun
sur cette question.