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Zenit
publie un entretien de Mgr Michel Schooyans à propos de son livre :
"Le terrorisme à visage humain"*. Mgr Schooyans est professeur à
l'Université catholique de Louvain, membre de l'Académie pontificale
pour la Vie et membre de l'Académie pontificale pour les Sciences
sociales.
Dans son
ouvrage, Mgr Schooyans s'interroge sur l'origine du désir de mort qui
semble émerger en Europe : "Plutôt que la vie, l'Europe semble avoir
choisi la mort [...]. Jean-Paul II constatait déjà le suicide
démographique de l'Europe, résumé dans 2 données : vers 1914 elle
comptait 25% de la population mondiale ; elle en comportera 7% en 2050".
Mgr Schooyans
rappelle que Jean-Paul II parlait fréquemment de la "culture de la
mort", signe d'un déclin de l'espérance. Il cite en exemple la
stérilisation féminine et masculine, l'avortement ou la contraception.
Dans son ouvrage, Mgr
Schooyans signale l'influence d'une pulsion de mort dans les idéologies
totalitaires du XXe siècle mais aussi dans une idéologie néo-libérale.
Celle-ci se base sur 2 thèmes : l'individualisme - ce qui compte c'est
l'autonomie, la liberté totale de l'individu - et le libre-examinisme -
ce qui compte, c'est la raison individuelle ; la vérité est relative aux
individus et ceux-ci définissent leur morale en fonction de leurs
intérêts et de leurs plaisirs individuels -. Pour lui cet individualisme
et ce libre-examinisme sont aujourd'hui les principaux responsables de
la banalisation de la mort.
Interrogé sur la
présence de groupe de pressions ou de lobbies promouvant la culture de
mort, Mgr Schooyans rappelle que le laïcisme, c'est-à-dire la doctrine
qui entend justifier l'élimination de toute croyance, chrétienne ou
autre, est à la base de cette culture de la mort. Il cite notamment la
franc-maçonnerie qui a déclaré ouvertement le rôle des loges dans la
fabrication des lois de bioéthique ou les nombreux lobbies qui
financent et tentent de donner une couverture légale au commerce de la
mort.
Ce "terrorisme à
visage humain" est d'autant plus efficace rappelle Mgr Schooyans, "qu'il
est discret" : "il recourt à une panoplie où se côtoient les
sciences biomédicales, la démographie, le droit et les techniques de
communication". Il explique que ce "terrorisme semble avoir un
visage humain", mais qu'en réalité il entraîne les hommes dans la
culture de mort. "Le sens naturel des mots est détourné, retourné,
pour habiller des entreprises homicides. Il n'y a plus de critère pour
distinguer le vrai du faux ni le bien du mal", ajoute-t-il.
Mgr Schooyans
souligne que, de tout temps, les hommes ont eu tendance à accepter
leur servitude mais que "la nouveauté dramatique, c'est
l'organisation à l'échelle mondiale, d'un front commun contre la vie".
Il regrette que l'Eglise soit "bien seule dans la lutte contre la
culture de la mort".
Il conclut "il y a
des négationnistes qui nient la réalité de l'Holocauste. Il y aussi des
négationnistes aveugles face aux réalités naturelles les plus
évidentes".
* Michel Schooyans avec
la collaboration d'Anne-Marie Libert "Le terrorisme à visage humain",
Paris, Editions François-Xavier de Guibert, 2006
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