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Le
Point s'interroge sur les "vraies raisons des militants de
l'euthanasie", dans un article sans complaisance.
L'Association pour le droit de
mourir dans la dignité (ADMD) qui "orchestre" depuis 26 ans le
débat sur l'euthanasie se réjouit car elle "n'a jamais été aussi près
du but". Autorisée en 2005 par le ministère de la Santé à siéger
dans les commissions d'usagers des hôpitaux, l'ADMD a, cette année,
porté, en pleine campagne présidentielle, l'euthanasie au cœur du débat.
Pour cela, elle a diffusé auprès
des candidats et des médias un "Livre blanc" pour "faire du
tam-tam et imposer le sujet aux présidentiables", selon les mots de
Gérard Payen qui dirige l'ADMD depuis deux ans. Ce "Livre blanc"
est "un bijou d'ambiguïté", écrit Le Point : "les
témoignages qui y sont reconnus font l'effet d'un coup de poing : cas
d'acharnement thérapeutique, réanimations inutiles, agonies
interminables, non-respect de la volonté des patients...".
Mais, pour Suzanne Rameix,
directrice du département d'éthique du CHU Henri-Mondor, "à
l'acharnement thérapeutique qu'ils ont raison de dénoncer ils répondent
par l'euthanasie. Réponse inappropriée et dangereuse". Louis
Puybasset, responsable du service de réanimation neurochirurgicale à la
Pitié-Salpêtrière, s'insurge contre ce livre dont la plupart des cas
exposés "relève de la maltraitance médicale". "On ne va quand
même pas répondre aux fautes de la médecine contemporaine en supprimant
les patients ! La demande euthanasique peut, c'est vrai, être générée
par notre pratique de la médecine. Il faut donc appliquer la loi
Leonetti (...)."
Officiellement l'ADMD milite
pour une "aide active au décès" plutôt que le "laisser mourir"
instauré par la loi Leonetti de 2005. "Sauf que le texte fondateur de
l'ADMD (...) ne réclame pas autre chose que le droit de choisir
sa mort, son moment, ses modalités."
"L'immense ambigüité
de l'association est d'avancer masquée", souligne l'hebdomadaire.
D'ailleurs, pour Bernard Devalois, président de la Société française de
soins palliatifs (SFAP) : "Le rêve de cette poignée de militants ne
correspond sûrement pas à celui de leurs 42 000 adhérents. Ni le corps
médical, ni surtout les malades ne doivent être entraînés sur ce terrain".
Les militants de l'ADMD n'ont de
cesse de rappeler leur engagement des années 70 dans la lutte pour
l'avortement : "il s'agit du même souci de maîtriser son destin",
explique Claude Hury, secrétaire générale de l'association. Certains
membres de l'ADMD se sont d'ailleurs illustrés au moment de la
légalisation de l'avortement, comme le sénateur Henri Cavaillet qui a
présidé l'ADMD pendant sept ans et qui en est maintenant le président
d'honneur.
Selon le président de la SFAP, "la
grande victoire de l'ADMD est d'avoir capté, aux yeux de l'opinion
publique et au profit de la légalisation de l'euthanasie, le concept de
'dignité'", car, "qui ne souhaite pas 'mourir dans la dignité' ?".
"Encore faut-il s'entendre sur le sens du mot." "Dans nos
société solidaires, un homme est digne parce qu'il est un homme",
répète Bernard Devalois. "Dire qu'un homme est digne parce qu'il est
homme n'est pas une croyance religieuse, mais un concept démocratique et
républicain", insiste Suzanne Rameix.
La Croix publie deux
courriers de lecteur sur l'euthanasie. Le premier témoigne de la fin de
vie de sa mère, âgée de 88 ans, alitée et alimentée par un tube nasal :
"sous mes yeux, moi tenant la tête de ma maman dans le creux de mes
deux mains, une infirmière est venue faire une piqûre létale à maman qui
est décédée quelques minutes après". Demandant la justification d'un
tel acte, la directrice de l'hôpital lui a simplement répondu : "elle
aurait trop souffert". "Depuis, j'ai l'intime conviction que la
mort administrée par piqûre létale est plus fréquente qu'on ne le croit,
sans pour autant le révéler..."
Le second lecteur revient sur le
procès de Saint-Astier et son "verdict clément" qui a déclenché
une amplification des campagnes de presse du lobby pro-euthanasie. Il
rappelle pourtant que de nombreuses initiatives dans le sens du respect
de la vie existent et regrette qu'elles ne soient pas davantage
relayées. |