|
Le
Monde,
revient sur la question de la dépénalisation de l'euthanasie et regrette
que ce thème n'ait "qu'émergé de manière fugace dans la campagne
présidentielle".
Le procès de Chantal Chanel et
Laurence Tramois
(cf revue de presse du 16/03/07) a rouvert le débat sur
l'euthanasie. Rappelons qu'à cette occasion, 2 pétitions ont été
lancées. D'un côté, 2 000 signatures de soignants qui ont reconnu avoir
"aidé des patients à mourir". De l'autre, 5 000 soignants
affirmant qu'une autre médecine "à visage humain" est possible,
refusant l'euthanasie et demandant le développement des soins
palliatifs.
Sandrine Blanchard, journaliste,
constate que dans ce contexte, la loi Leonetti qui bannit l'acharnement
thérapeutique est oubliée. Un numéro azur permettant de se renseigner
sur les nouveaux droits des malades en fin de vie a été mis en place.
Or, c'est un échec. Pour elle, la responsabilité en revient aux pouvoirs
publics.
La journaliste explique que
l'affaire de Périgueux n'est pas un cas isolé et que d'autres
malades dans les hôpitaux sont euthanasiés. "Même si la médecine
moderne dispose de tous les moyens nécessaires pour atténuer les
souffrances, il restera toujours des situations de fin de vie où la
douleur ne peut pas être soulagée, où la demande du malade devient
omniprésente", dit-elle.
Pour le professeur François
Goldwasser, de l'hôpital Cochin, "l'ennemi du malade mourant, c'est
la pratique médicale solitaire et le non accès à des médecins formés à
la prise en charge de la fin de vie".
De son côté, Jean-Claude Ameisen,
président du comité d'éthique de l'Inserm estime "qu'il y a un défaut
majeur d'accompagnement". "La médecine doit se réapproprier cette
humanité, ce devoir d'assistance et d'accompagnement qui est à l'origine
de son fondement".
Sandrine Blanchard souligne que
ni les soins palliatifs, ni l'euthanasie ne permettront à la vie de
devenir "belle" mais qu'il faut "que les conditions de la mort
à l'hôpital deviennent acceptables pour les malades et qu'il n'y ait
jamais ni solitude, ni abandon".
Pour conclure, elle estime que
la loi Leonetti ne pourra pas tout résoudre et rappelle les propos du
professeur Vincent Meininger :"il restera toujours une frange de
malades qui veulent mourir : si on ne les entend pas, on fait une
erreur". |