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Les
médecins attirent l'attention des magistrats sur le déni de grossesse,
une pathologie mise en avant dans le cadre de l'affaire Courjault. L'un
des avocats de Véronique Courjault estime que sa cliente n'était pas
pleinement consciente de ses actes quand elle a tué ses 3 bébés.
Selon certains
médecins, le déni de grossesse est une maladie très caractéristique qui
peut entraîner une forte atténuation du discernement au moment de la
naissance et "un potentiel de violence" important. Les femmes
victimes de ce syndrome ignorent qu'elles sont enceintes et "le plus
souvent, elles découvrent l'existence du bébé de façon brusque et
accouchent dans des conditions à la fois sordides et périlleuses",
explique le Dr Navarro, président de l'Association pour la
reconnaissance du déni de grossesse.
"Ce
phénomène inconscient naît de la confrontation entre un désir d'enfant
et les multiples pressions exercées par l'environnement", explique le
Pr Michel Delcroix, gynécologue-obstétricien.
Gaëlle
Guernalec-Lévy, auteur d'une enquête baptisée "Je ne suis pas
enceinte", explique que lorsque ces grossesses débouchent sur la mort
du bébé, les patientes sont confrontées à "une véritable loterie
judiciaire". Pour Yves Charpenel, avocat général à la Cour de
cassation, "les parquets de plus en plus sensibilisés à cette
pathologie décident dans un grand nombre d'affaires de ne pas engager de
poursuites".
Enfin, le Dr
Michel Dubec estime : "quoi que la prison ne soit jamais une
indication médicale, on ne peut ignorer qu'une réponse de l'ordre de la
sanction est parfois indispensable à ces femmes qui, après avoir tué
leur enfant, peuvent ressentir une véritable culpabilité". |